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Droits du foot: le plus grand jeu de poker reprend

Droits du foot: le plus grand jeu de poker reprend

FOOTBALL/MEDIAS – Pourquoi y a-t-il une deuxième phase d’enchères? Qui peut mettre combien?
Alice Antheaume

Alice Antheaume

Les droits du foot, deuxième! Après l’échec de la première journée d’enchères, vendredi dernier, la seconde phase pour obtenir les droits de diffusion du Championnat de France de football, la Ligue 1, pour les quatre prochaines saisons (de 2008 à 2012), a lieu ce mercredi à partir de 17h. Les enchères vont-elles être à la hauteur des espérances de la Ligue Professionnelle de Football, soit 650 millions obtenus par saison en 2004?


Qui est en lice?

Neuf candidats, déjà présents au premier tour: Canal+, France Télévisions, Orange, les actuels détenteurs des droits, SFR, TF1, M6, France Télévisions, Direct 8, Eurosport et Dailymotion. Chacun brigue un ou plusieurs des douze lots mis aux enchères. Aucun nouveau ne peut rentrer dans la course.


Qui décide?

La Ligue de Football professionnel (LFP) — qui regroupe les clubs de foot professionnels de première et deuxième division — agit, dit-elle, comme «délégation de l’Etat».


Les règles changent-elles au deuxième tour?

Oui. Dans la deuxième phase de ce poker, les participants peuvent monter le prix des offres qu’ils ont déposées au premier tour. Mais pas le baisser. La nouveauté? Il n’y a plus de prix de réserve, qui était décidé par la LFP sur chaque lot. Cependant, si les montants obtenus ne satisfont pas la Ligue, celle-ci se réserve le droit de négocier au gré à gré avec chaque opérateur.


Connaîtra-t-on le ou les noms(s) des gagnants mercredi soir?

Si oui, ce sera dans la soirée. Mais certains experts évoquent déjà la possibilité d’un troisième tour.


Pourquoi les prix ne montent pas autant que le voudrait la Ligue?

Selon nos informations, les droits auraient été débattus, au cours de la première journée d’enchères, à 200 millions d’euros de moins que les 650 millions obtenus par La Ligue en 2004 (versés par Canal et Orange notamment). D’après les dirigeants de Canal+, cette baisse est due à la multiplication des lots (12 cette année, 4 en 2004), ce qui fait baisser la visibilité et donc la valeur de chacun. Autre raison avancée: l’absence d’exclusivité. Précédemment, Canal+ avait bien voulu mettre autant d’argent sur la table parce qu’elle évinçait TPS son concurrent d’alors et du même coup, lui portait un coup fatal, en installant son monopole. Plus tard, Canal a croqué TPS.


Qui peut mettre combien?

Face à un France Télévisions peu compétitif (plus d’un milliard d’euros à trouver après l’annonce de la suppression des pubs sur ses chaînes) et un TF1 qui ne joue pas au bluff, Canal+ semble bien positionnée sur la table de poker. La chaîne privée s’est gardé une marge de manœuvre substantielle et pourrait rajouter à sa mise entre 50 et 150 millions d’euros. De quoi supplanter Orange, seul rival avoué, qui, de son côté, confie vouloir rester mesuré: «nous déployons une stratégie sur les contenus à la hauteur de notre base de clients, pas plus», dit un porte-parole de l’opérateur, soit 1 million de clients sur la TV ADSL et 23 millions de clients sur la téléphonie mobile. Le groupe Canal, lui, détient 10,5 millions d'abonnés (5,3 à la chaîne cryptée et 5,2 à la télévision par satellite).


Quant à Dailymotion, petit nouveau dans le circuit, il aurait proposé environ 2 millions d’euros pour le lot numéro 11, qui concerne la vidéo à la demande et l’IPTV (Internet Protocol Télévision, la télévision par ordinateur). «On n’est pas sûr de le remporter, explique-t-on chez Dailymotion, mais on a montré à la Ligue qu’on sait créer et du buzz sur le Net et de l’interactivité avec les internautes. On est le seul candidat à pouvoir faire jouer au foot les supporteurs. Si ça ne marche pas cette fois, on aura posé les jalons pour les prochaines.»