Coupe des confédérations: Un an après sa victoire miraculeuse à l'Euro, où en est le Portugal?
FOOTBALL•Le Portugal de 2017, c'est le Portugal de 2016 avec Bernardo Silva en plus...William Pereira
De notre journaliste portugais,
Depuis un certain 10 juillet 2016 et ce tir fatal d’Eder à la 109e minute, la France avait moyennement envie d’entendre parler de la Selecção. Mais bon, près d’un an après la finale perdue des Bleus dans leur Stade de France, il fallait bien se résoudre à causer à nouveau du champion d’Europe et digne représentant du Vieux Continent à la Coupe des confédérations.
Le Portugal s’est qualifié sans trop forcer pour les demies de ce qu’on pourrait qualifier de « Coupe de la Ligue des Nations » après avoir maîtrisé la Russie (1-0), poutré la Nouvelle-Zélande (4-0) et fait match nul en marchant contre le Mexique (2-2). Bref, avant son premier vrai gros test en demies contre le Chili mercredi soir (en live sur 20 Minutes), on a bien envie de savoir ce que valent les Portugais, un an après leur sacre au Stade de France. Coup de chance, l’ancien adjoint de l’ex-sélectionneur Paulo Bento, Leonel Pontes, ainsi que le gardien retraité Ricardo ont eu l’amabilité de nous sortir du brouillard.
L’ingénieur est toujours là, la machine est bien huilée
« L’entraîneur est le même, les joueurs sont presques les mêmes, la base est la même, le schéma est le même. Fernando Santos veut de la stabilité et du caractère. Ça n’a pas bougé », note le héros des séances de tirs au but de 2004 et 2006 contre l’Angleterre. Ça, c’est pour le ressenti général. Si on prend la composition de la Selecção contre la Russie, on se rend compte qu’effectivement, rien n’a vraiment changé par rapport à 2016.
Sur les deux compos choisies, on remarque que sept éléments ont survécu au temps qui passe (une petite pensée pour Eder qui ne retrouvera sûrement jamais l’équipe nationale). Et encore, des joueurs comme Nani et José Fonte, présents lors de la finale de l’Euro mais pas face à la Russie, jouent encore régulièrement avec leur équipe nationale. Attention phrase cliché : en même temps, on ne change pas une équipe qui gagne.
Pour pousser la comparaison avec l’Euro 2016, on notera quand même que les Portugais, souvent critiqués pour leur jeu frileux l’année dernière, ont décidé de planter un peu plus de cacahuètes depuis qu’ils ont un trophée dans leur vitrine.
Quelques chiffres pour faire taire les haters
- Sept buts marqués pendant la Coupe des confédérations (en trois matchs)
- 22 pions inscrits en éliminatoires de la Coupe du monde (soit le deuxième meilleur total)
- Dix matchs consécutifs en inscrivant au moins un but
- 3,3333333333333333333333333333 buts/match depuis leur sacre européen
Ça, c’est pour l’analyse de bistrot PMU. Pour ce qui est du football, on laisse parler les experts. Leonel Pontes, en l’occurrence:
« « C’est une équipe qui a sa routine, avec le même 4-4-2 pendant l’Euro 2016. La différence c’est qu’il y a maintenant le jeune André Silva au côté de Cristiano Ronaldo à son sommet. Mais globalement, c’est un groupe rodé avec beaucoup de joueurs matures tactiquement et techniquement. Je pense à Pepe, Ronaldo, Quaresma, Bruno Alves… » »
L’ancien adjoint de l’équipe nationale lusitanienne divise par ailleurs cette équipe en quatre grands groupes :
- Un groupe de vieux roublards pour qui la vie n’a plus de secret (Pepe, Alves, Quaresma). « Ils ont encore un an de très haut niveau international dans les jambes. L’idée, c’est qu’ils restent jusqu’en 2018 et qu’ils passent les clés aux plus jeunes après », explique Pontes. Voire plus, pour Ricardo. « Les Pepe, les Fonte… quel niveau ils ont ! je ne les vois pas décliner tout de suite. »
- Un groupe de mecs expérimentés et à leur apogée physique (Moutinho, Adrien Silva, William Carvalho)
- « Un joueur qui se distingue sur le terrain mais aussi en dehors de par sa capacité de leadership, Cristiano Ronaldo ». Oui, CR7 est un groupe à lui tout seul, vous ne rêvez pas.
- Des jeunes talents en apprentissage (Bernardo Silva, Gélson Martins, Nelson Semedo), fruits d’une « transition normale, fruit d’un travail bien mené par la fédération portugaise en termes de formation. Ce sont des joueurs qui ont évolué ensemble chez les jeunes et qui connaissent le style de jeu de la Selecção » selon l'ex-gardien portugais.
Un favori pour la Coupe du monde 2018 ?
Ce Portugal, c’est donc la force tranquille. Pas forcément une machine de guerre mais un navire de conquistador qui avance, imperturbable, à allure régulière vers son but. De quoi en faire un favori pour le Mondial à venir en Russie ? L’affrontement contre le Chili nous aidera à y voir plus clair. Pour l’ancien gardien des cages portugaises, son équipe est clairement un gros challenger. Mais pas plus qu’en 2000, 2004 ou 2006.
« « Je pense que depuis plusieurs années, le Portugal a systématiquement fait partie des favoris à l’instar de formations comme la France, l’Espagne, l’Allemagne… Mais être favori au bout d’un moment… A quoi ça sert ? » »
Pas faux. Et puis il faudrait pas oublier l’essentiel, à savoir commencer par se qualifier pour cette fichue Coupe du monde, ce qui n’est pas forcément bien embarqué. Le Portugal est actuellement deuxième de sa poule derrière la Suisse, contre qui CR7 & co ont eu la bonne idée de perdre dès leur premier match de qualif'.
L’avantage, c’est que la revanche contre les Helvètes reste à venir et qu’aucune autre nation du groupe B ne semble en mesure de prendre des points aux Lusitaniens. Dans le pire des cas, le Portugal verra les barrages. Et dans le pire du pire du pire, il aura vu la Russie un an avant tout le monde. D’où l’intérêt de prendre au max son pied sur cette Coupe des confédérations.


















