«Un revers dans la lutte contre la corruption», une décision de la FIFA fait grincer des dents un futur ex-membre

FOOTBALL Les hommes changent, les pratiques, elles, semblent rester les mêmes…

A.L.G. avec AFP
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Fifa (Illustration)
Fifa (Illustration) — FABRICE COFFRINI / AFP

Rien de nouveau sous le soleil de laFIFA. Longtemps pointée du doigt, et le mot est faible, sous la présidence de Sepp Blatter pour son manque d’éthique et de transparence, la FIFA pouvait (devait ? aurait dû ?), avec la nomination de Gianni Infantino, entamer un virage à 180° et mettre fin à des décennies de pratiques pour le moins douteuses. Raté.

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Mercredi, la FIFA, réunie au Bahreïn ou a lieux son congrès, a annoncé le non-renouvellement des mandats des deux présidents de sa commission d’éthique, le Suisse Cornel Borbély et l’Allemand Hans-Joachim Eckert, à l’origine de la suspension de Sepp Blatter et Michel Platini. Cette même commission avait ouvert « en 2016 une enquête préliminaire à l’encontre de Gianni Infantino », président actuel de la FIFA à la suite d’informations données par des lanceurs d’alerte notamment sur l’utilisation d’avions privés. Cette procédure avait ensuite été classée.

Une décision avant tout politique ?

Cette décision est « un revers dans la lutte contre la corruption » et « va à l’encontre de la bonne gouvernance », a réagi Cornel Borbély avant de s’interroger sur la suite qui sera donnée « à des centaines de cas encore en instruction ». « Notre départ n’était pas nécessaire et repose uniquement sur des motivations politiques », a encore indiqué le magistrat suisse, spécialiste de la lutte contre la criminalité économique.

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A l’issue d’une décision qui doit être encore formellement entérinée jeudi par les 211 fédérations membres de la FIFA, la magistrate colombienne Maria Claudia Rojas succédera à M. Borbély à la présidence de la chambre d’instruction. Le Grec Vassilios Skuris, ancien président de la Cour européenne de justice, deviendra président de la chambre de jugement pour succéder à M. Eckert.