Coiffure, masque, photo... Pourquoi Aubameyang nargue Dortmund à coups de clins d’œil à son sponsor perso?

FOOTBALL Pierre-Emerick Aubameyang est impliqué dans un étrange clash avec le club à cause de son sponsor personnel…

William Pereira

— 

Le nouveau masque de Pierre-Emerick Aubameyang fait scandale.
Le nouveau masque de Pierre-Emerick Aubameyang fait scandale. — Bernd Thissen/AP/SIPA

Une place de titulaire indiscutable, une relation privilégiée avec les supporters du club et un ratio d’un but par match… Pierre-Emerick Aubameyang (PEA) et le Borussia Dortmund n’ont a priori aucune raison de se crêper le chignon. Et pourtant, le buteur gabonais a trouvé le moyen de s’attirer les foudres de la direction du club en contrariant le sponsor et actionnaire minoritaire de l’emblème (5 % du capital) de la Ruhr, Puma en l’occurrence.

>> A lire aussi : Contre Schalke, Aubameyang dégaine un nouveau masque de super-héros

Aubameyin et Aubameyang

  • Le 4 mars, face au Bayer Leverkusen, PEA arbore la virgule de son sponsor personnel (Nike) sur son crâne. En rouge, qui plus est. Bref, pas vraiment du goût de Puma qui le fait savoir aux hautes strates du Borussia. Rappel à l’ordre pour l’attaquant et avertissement : la prochaine fois, ce sera une amende.
  • Samedi 1er avril, derby de la Ruhr contre Schalke. Rebelote. Aubam’plante un but et enfile un masque de catcheur pour célébrer l’événement. Problème : il s’agit d’une publicité cachée pour son sponsor perso (il avait porté ce masque à l’occasion d’une pub pour un nouveau produit de la marque).

 

Ce qui devait arriver arriva donc : l’ancien joueur de l’AS Saint-Etienne a été mis à l’amende par Dortmund, qui n’a pas souhaité communiquer sur le montant. Selon Sport Bild, la note s’élèverait à 100.000 euros pour l’international gabonais. Salé. « il y a eu un entretien sérieux [avec le directeur sportif Michael Zorc, ndlr], avec présence d’un traducteur », nous confie Ali Farhat, journaliste pour le magazine allemand 11 Freunde. Interprète ou pas, le message n’est que très moyennement passé.

« Quelques heures seulement après son entretien avec les dirigeants, il a posé avec son frère, Willy, qui portait le masque. » Malin.

Bon, ok, Aubameyang fait le fou, met de l’huile sur le feu, tout ça, tout ça. Mais concrètement, que peut vraiment faire ou réclamer Puma dans cette histoire ? Pas grand-chose à en croire Lilian Pichot, maître de conférences en sociologie et management du sport à l’université de Strasbourg.

« Quand elle sponsorise une équipe, la marque sait très bien qu’elle prend des risques parce qu’il y a des stars qui vont se faire draguer par d’autres marques. En réalité, son principal intérêt reste que le club aille le plus loin possible dans les compétitions importantes pour permettre à la marque d’être exposée. »

Force est de constater qu’avec ses 32 buts marqués cette saison, PEA fait plus que permettre à Puma d’être mise en avant sur la scène internationale. Mais il n’y a pas que ça, d’après Ali Farhat. « Il fait un peu l’effronté c’est vrai, mais contre Hambourg, il se traîne pour donner le deuxième but à Kagawa et puis il marque le troisième et dernier. Le tout, avec le brassard. Il ne fait pas le kéké sur le terrain. » C’est d’ailleurs ce qui le rend intouchable dans cette histoire. Lilian Pichot enchaîne.

« Il est en position de force puisque c’est le meilleur buteur du club, donc on ne peut pas lui reprocher ses performances sportives. Donc il n’a pas de comptes à rendre, quelque part. »

Envie d’ailleurs vs projet sportif

Reste la question du pourquoi. « Le sportif, son intérêt, c’est les gains. Il privilégie son contrat. Et son sponsor personnel lui rapporte plus d’argent que celui de l’équipe », explique l’universitaire. Ça se tient. Mais pourquoi maintenant ? « Il peut y avoir un jeu un peu plus malsain. Le joueur et son entourage peuvent se servir de ce contexte [autour du sponsoring] pour signifier que le joueur veut renouveler son contrat ou partir. » Pour Ali Farhat, c’est précisément par là qu’il faut creuser.

« Vu tout ce qu’il fait, que ce soit ses buts ou ses célébrations, il a l’air de tout faire pour partir [son rêve serait de signer au Real Madrid]. Sauf que Dortmund ne le laisse pour l’instant pas filer parce qu’ils n’ont pas de solution de remplacement. Quand bien même ils le vendraient 50 ou 60 millions, qui pourraient-ils prendre pour le remplacer ? Quel joueur pourrait convenir au système de jeu actuel du club ? », s’interroge le journaliste de 11 Freunde.

A Monaco, il se pourrait bien qu’il y en ait un qui ait le profil. Mais il coûte sans doute déjà trop cher pour le Borussia. N’est-ce pas, Kylian ?