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Des parents en viennent aux mains lors d’un match de foot amateur

VIDEO. Des parents en viennent aux mains lors d'un match de foot amateur à Majorque

FOOTBALLL’Espagne veut mettre fin à la castagne autour des terrains de foot amateur…
Aymeric Le Gall

A.L.G. avec AFP

Les images ont choqué l’Espagne. Diffusée sur YouTube, une vidéo amateur met tristement en scène une baston géante survenue aux Baléares, à Majorque, en plein match de foot, entre les parents des jeunes joueurs (11-12 ans).

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Une dizaine de papas qui se mettent sur la tronche sous les yeux ébahis de leurs enfants, ça fait tache. Lundi, c’est une autre vidéo d’altercation sur un terrain de foot d’Andorre-la-Vielle qui faisait la une des JT espagnols et suscitait une vague d’indignation dans tout le pays.

Prise de conscience générale

En quelques jours, l’Espagne a donc ouvert les yeux sur les problèmes de violence qui gangrènent son footballeur amateur, notamment dans les catégories de jeunes. Depuis, les spécialistes lancent un appel d’urgence pour que cesse ce foutoir sur les prairies ibériques.

« L’exemple qu’on donne est terrible, se désole Angel Andrés Jiménez, ancien arbitre engagé contre la violence dans le sport. Il faut rééduquer les jeunes et c’est beaucoup de travail. » Et le mot est faible. Ben ouais, comment faire comprendre à des gosses de ne pas en venir aux mains quand leurs propres parents s’en donnent à cœur joie dans les gradins ?

Un environnement malsain

« Le problème principal est le manque d’empathie des parents envers leurs enfants, explique David Garcia, psychologue du sport et coauteur d’un manuel sorti récemment à destination des parents. Ils ne pensent pas à ce qui est bon pour lui, ils veulent réaliser leurs rêves qu’ils n’ont pas réussi à accomplir »

Sergio, arbitre de foot et membre d’un collectif recensant les violences sur les terrains, connaît bien le problème.

« « Dans les catégories de jeunes, le public est terrible. Les enfants entendent leurs parents insulter et menacer l’arbitre et les adversaires. » »

Taper au portefeuille

Mais pour que cesse ce grand n’importe quoi, encore faudrait-il que les sanctions aient un réel effet dissuasif sur les clubs et les parents de joueurs. Or, avec une amende de 1 500 euros comme celle infligée aux clubs impliqués dans la rixe de Majorque, pas sûr que les résultats soient au rendez-vous.

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« L’un des pères impliqués dans l’altercation dit qu’il ne regrette rien, qu’il est fier. Bravo ! Noble analphabète. »

« Ces amendes sont ridicules, lâche Bartolomé Riera, le président du comité d’arbitres des îles Baléares. Si ça faisait vraiment mal au portefeuille des clubs et des parents, elles (les sanctions) pèseraient davantage », conclut-il.

Action, réaction

Le problème, expliquent ces interlocuteurs affligés, c’est la passivité des clubs et des 19 fédérations régionales à l’heure d’appliquer ces sanctions. « Ce sont des tout petits clubs avec peu de public. Ils ne vont pas agir contre leurs supporters qui leur donnent de l’argent », souffle Sergio, assurant avoir subi des pressions de ses supérieurs lorsqu’il se montrait trop intransigeant.

Après les dernières vidéos, le président du CSD, José Ramon Lete, a annoncé la prochaine tenue d’une conférence interrégionale contre la violence. La prise de conscience semble être réelle, reste à voir si cela sera suivi d’effets.