Boxing Day: Pourquoi les sportifs en ont un peu marre d'être les dindons des fêtes

OMNISPORT Beaucoup de sportifs aimeraient chômer pendant les fêtes de fin d'année...

William Pereira

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Guilhem Guirado (RC Toulon) fait partie des rugbymen qui n'ont pas trop envie de bosser le 24 décembre.
Guilhem Guirado (RC Toulon) fait partie des rugbymen qui n'ont pas trop envie de bosser le 24 décembre. — FRANCK FIFE / AFP

Parler de Noël à la mi-octobre, même les catalogues de publicité ne l’osent pas. On ne le ferait pas non plus si nos chers rugbymen du Top 14 n’avaient pas amorcé une fronde contre le Boxing Day.

Menés par le leader du syndicat Provale, le deuxième-ligne de Montpellier, Robins Tchale-Watchou, les joueurs de l’élite française menacent de faire grève si l’ensemble des matchs de la 14e journée, censés se dérouler le 24 décembre, ne sont pas ramenés à la veille. La raison de la rébellion ? Le rugby français ne veut pas bosser le jour du réveillon.

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Du coup, on a décidé de jouer aux enquêteurs pour comprendre ce qui emmerde les sportifs dans le fait de taffer autour des deux dates phares de fin d’année. Et ça tombe bien, car les rugbymen ne sont pas les seuls à aller au charbon à ce moment-là. Skieurs ou basketteurs en savent quelque chose.

Parce qu’ils veulent voir leurs enfants déballer les cadeaux au pied du sapin

Ah Noël, ses téléfilms pourris, le sapin, le barbu tout de rouge vêtu, les rennes, les cadeaux… Ça vend du rêve aux gosses. Forcément, quand on est père de famille, sportif ou pas, on ne veut pas louper ça.

« C’est le jour où les enfants ont des étoiles dans les yeux et c’est délicat de ne pas pouvoir en profiter avec eux. Qu’on soit Français ou étranger, c’est un jour très important et on va essayer de ne pas s’en priver. »

C’est signé Guilhem Guirado, pour Rugbyrama. Le hic, c’est que si le talonneur du RC Toulon devait se rendre à Grenoble avec son équipe pour y jouer la veille de la naissance du petit Jésus, il louperait probablement une partie des festivités. Pas cool.

Parce que c’est un coup à passer les fêtes dans les transports

Jérémy Leloup est, lui, habitué à cette course contre-la-montre engendrée par la création du Boxing Day en Pro A, il y a de cela cinq piges. Le basketteur de Strasbourg témoigne.

« Le 24, je suis souvent dans un train pour rejoindre mes proches. J’arrive à temps pour le réveillon, mais quand j’annonce que je ne reste que trois heures avant de repartir, il y a forcément déception. »

Train, famille, et re-train. Joyeux Noël.

Parce qu’ils ne peuvent pas se gaver pendant les fêtes (mais pas tous)

« Cela fait 15 ans que le Nouvel an ne veut plus rien dire pour moi. »Robin Duvillard (ski de fond) plante le décor. « Victime » du tour de ski, gros événement qui tombe le 1er janvier, le Français n’est pas forcément malheureux de courir le jour de l’An. Il est même du genre à relativiser. « Ça fait partie du métier. »

Mais il y a bien une chose qui l’agace dans tout ça. « Avoir le malheur d’être en pleine diète le 25, en famille et voir des gens manger 100 chocolats autour de soi, c’est vrai que c’est difficile », se marre-t-il avant d’ajouter. « Parce qu’on ne va pas se mentir, en France, Noël et le 31 décembre sont vachement tournés vers la bouffe. » Pas faux.

Parce qu’en France, le Boxing Day n’a aucune valeur culturelle

Le jour des boîtes, littéralement, est très prisé outre-Manche. C’est l’occasion de faire les soldes, mais aussi d’aller au stade en famille. Etre sportif professionnel en Angleterre, c’est quelque part faire partie du décor de ce Boxing Day. Un moment privilégié qui n’est pas du tout ancré dans notre culture et qui est donc bien moins légitime dans l’Hexagone que chez la reine. « Par rapport au football anglais pour qui c’est limite un jour sacré, une tradition, ici c’est peut-être moins net », commente Jérémy Leloup.

Finalement, seuls les diffuseurs et les organisateurs y trouvent leur compte. Forcément, c’est moins motivant de se sacrifier pour une chaîne de télé que pour une institution culturelle…