Des hackers russes accusent des athlètes américains, dont les soeurs Williams, de dopage, l'AMA dément

SPORT Les athlètes américains visés par les révélations disposent tous d'autorisations à usage thérapeutique...

Philippe Berry

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Les athlètes américaines Simone Biles, Serena Williams et Elena Delle Donne.
Les athlètes américaines Simone Biles, Serena Williams et Elena Delle Donne. — PHOTOMONTAGE «20 MINUTES» / PHOTOS AP/SIPA

Ils sont de retour. Après s’être attaqué au parti démocrate, le collectif de hackers Fancy Bears, qui serait basé en Russie, a une nouvelle cible : les athlètes américains. Mardi, les pirates ont publié les fiches volées dans la base de données de l’Agence mondiale antidopage (AMA) des sœurs Williams et de la gymnaste Simone Biles, quadruple médaille d’or à Rio. L’AMA a confirmé l’attaque mais le Comité international olympique (CIO) dénonce une campagne « clairement destinée à souiller la réputation d’athlètes propres », qui bénéficiaient tous d’un certificat médical en règle lors des contrôles.

Selon les documents publiés, Simone Biles et la basketteuse Elena Delle Donne prendraient des amphétamines et les sœurs Williams plusieurs produits classés comme des stimulants, dont la prednisone, un composé anti-inflammatoire de la famille des corticostéroïdes utilisé pour traiter l’asthme ou la toux.

Des traitements autorisés

S’ils sont classés sur la liste des produits interdits, ces médicaments peuvent être pris légalement à condition d’obtenir autorisations à usage thérapeutique auprès de l’AMA – ce dont ne disposait pas Maria Sharapova et de nombreux athlètes russes suspendus. Toutes les athlètes américaines visées par les révélations étaient, elles, en règle. Simone Biles a expliqué sur Twitter qu’elle souffrait de troubles de l’attention (ADHD) et qu’elle était traitée depuis qu’elle était enfant. Elle dispose d’une dérogation valide pour prendre une faible dose quotidienne de 10 mg.

Les sœurs Williams, elles, n’ont pas été contrôlées positives à Rio mais ont obtenu plusieurs dérogations thérapeutiques entre 2010 et 2015, pour des traitements allant jusqu’à six jours. Elles sont loin d’être les seules : le cycliste Chris Froome avait également été autorisé à prendre de la prednisone en 2014 pour un rhume.

« Un acte criminel », selon l’AMA

« L’AMA regrette profondément cette situation et est consciente de la menace représentée pour les athlètes dont des informations confidentielles ont été divulguées par cet acte criminel », a insisté dans un communiqué le directeur général de l’AMA Olivier Niggli. « Le CIO confirme que les sportives mentionnées n’ont enfreint aucune règle antidopage pendant les jeux Olympiques de Rio 2016 », a insisté auprès de l’AFP une porte-parole du CIO.

Fancy Bears, anciennement connu comme la Tsar Team et le groupe APT28, serait basé en Russie. Selon la firme de sécurité Crowdstrike, qui a enquêté sur le piratage du parti démocrate, ils pourraient être à la solde du Kremlin. Et après le scandale du dopage « organisé » dans l’athlétisme russe, difficile de ne pas y voir une tentative de déstabilisation.