JO 2016: Finir une si belle carrière là-dessus, on a mal au cœur pour toi Tony Parker

BASKET Même s’il a « zéro regret », le meilleur joueur de l’histoire des Bleus quitte l’équipe de France sur une horrible défaite face à l’Espagne…

B.V.

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Tony Parker lors de la défaite face à l'Espagne
Tony Parker lors de la défaite face à l'Espagne — EMMANUEL DUNAND / AFP

De notre envoyé spécial à Rio,

Voilà, Tony Parker et la France, c’est fini. On est pas vraiment sûr de ce à quoi une équipe de France sans son meneur légendaire peut ressembler, mais il va falloir désormais s’y habituer. « TP » s’est en allé après des bons et loyaux services sur une dernière défaite immonde face à l’Espagne (92-67). Et en vérité, ça nous fend le cœur que ça se finisse là-dessus.

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On ne demandait pas forcément une victoire en finale contre la Team USA sur un tir au buzzer de TP, mais un truc qui ressemble au moins à un match de basket. Parce que là, les Bleus ont été en dessous de tout. Et surtout vraiment pas à la hauteur de la carrière de celui qui les a menés au titre européen en 2013. Mais lui n’a aucune amertume. Passé en zone mixte avec le sourire, TP se retire avec le sentiment du devoir accompli :

« Cette défaite est dure mais elle ne change rien. Je suis fier de tout ce qu’on a accompli avec cette génération. On est fier de notre carrière, on a quand même ramené beaucoup de médailles, grossi le palmarès du basket français »


Et tant pis s’il termine son immense carrière internationale sans la moindre médaille. « J’ai zéro regrets, assure-t-il. Si vous avez suivi ma carrière, vous savez que le plus important pour moi c’était de ramener une médaille d’or. On l’a fait en 2013. Tout le reste depuis ça c’était du bonus. Il ne faut pas oublier qu’on partait de très loin, on ne faisait pas parti des meilleurs. Là on fait 2 Jeux olympiques de suite, deux fois dans le Top 8. »

Le palmarès de Tony Parker en équipe de France
Le palmarès de Tony Parker en équipe de France - Capture d'écran

 Il faudra reconstruire une équipe e’ ’’attendre à ce que ce ne soit pas fac l   »

Incontestablement, l’équipe de France a profité d’un effet Parker pour devenir une nation forte du basket. Et c’est pour ça que nous rend aussi triste que son dernier match soit une humiliation, particulièrement face à nos pires ennemis Espagnols. « Ca me fait de la peine pour eux (Piétrus et Gelabale s’arrêtent aussi), souffle Joeffrey Lauvergne. J’aurais aimé qu’ils finissent sur quelque chose de grand en équipe de France, pour tout ce qu’ils ont fait pour nous les plus jeunes. Mais quand je les recroiserai je pourrais les regarder dans les yeux car je sais que j’aurai fait mon maximum. »

Et désormais, il faudra continuer sans lui. «’C’est une page qui se tourne, explique l’entraîneur Vincent Collet. Il faudra reconstruire une équipe et s’attendre à ce que ce ne soit pas facile. » Parker, lui, est moins inquiet : « Je pense que l’équipe de France est entre de bonnes mains. Avec Joeffrey (Lauvergne), Thomas (Heurtel), tous les jeunes qui vont monter… »

Antoine Diot, Nicolas Batum et Thomas Heurtel célèbrent la médaille de bronze décrochée par l'équipe de France au Mondial de basket 2014 en Espagne.
Antoine Diot, Nicolas Batum et Thomas Heurtel célèbrent la médaille de bronze décrochée par l'équipe de France au Mondial de basket 2014 en Espagne. - SPORTIDA/SIPA

Et Nicolas Batum ? L’ailier français, totalement transparent face à l’Espagne, a eu des propos étranges à la fin de la rencontre, laissant entendre qu’il se sacrifiait pour laisser à Tony Parker les clés de l’équipe. « Mon match a été à l’image de mes deux dernières années en équipe de France, où mon rôle a changé, lance l’ailier de Charlotte. J’ai eu du mal à m’adapter. On ne me demande pas du tout la même chose en club alors je ne peux pas avoir la même production. J’essaie depuis deux ans de faire mieux que ça, je mets mon ego de côté pour l’équipe de France, je fais ce qu’on me dit de faire. »

Sans doute aurait-on pu se passer de ce genre de sous-entendus à peine dix minutes après la retraite internationale de TP. Il y a quelques années, dans une vidéo devenue célèbre, Vincent Collet prenait à part Nico Batum et lui disait, les yeux dans les y ux : « Un jour ce sera ton équipe. Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, c’est celle de TP. »

Ce jour est arrivé, un mercredi suffocant sous la chaleur de la Rio. Et il est terriblement triste.