La technique Puma s’impose sur la vaillance écossaise

QUART DE FINALE Le XV du Chardon s’est logiquement incliné face à la science du jeu albiceleste…

Stéphane Alliès

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L'Argentine, en s'offrant une victoire avec la manière face à la Namibie samedi à Marseille (63-3), a les clés pour devenir l'épouvantail de ce premier tour du Mondial (Gr.D), pour peu qu'elle aborde correctement le choc avec l'Irlande dimanche prochain au Parc des Princes.
L'Argentine, en s'offrant une victoire avec la manière face à la Namibie samedi à Marseille (63-3), a les clés pour devenir l'épouvantail de ce premier tour du Mondial (Gr.D), pour peu qu'elle aborde correctement le choc avec l'Irlande dimanche prochain au Parc des Princes. — Michel Gangné AFP

En rugby, la discipline et l’intelligence technique prime souvent sur la volonté, même accompagnée des meilleures intentions. Les Argentins, élevés au rugby des colons anglais, n’ont pas dérogé à la règle, qu’ils ont mâtinée d’un soupçon de spontanéité, pour venir à bout de gaillards mais désordonnés Ecossais (19-13).

Sérieux, application, conquête

Dans un Stade de France rempli de frustrés de n’avoir pas eu les Bleus, les Argentins ont encore déjoué les faveurs d’une assistance indélicate. Hernandez et les siens ont réussi à faire taire les «Marseillaise» intempestives et hors de propos, dont celle qui a gâché le coup d’envoi. L’ouvreur des Pumas n’aura pourtant pas réussi le drop le plus rapide de la Coupe du monde, après 30 secondes de jeu. Mais il aura ensuite régalé les amateurs de rugby, par sa vision du jeu et son coup de pied ubuesque de réalisme.

Ayant encore misé sur les «gordos» de leur pack pour user le XV du Chardon, les hommes de Loffreda ont rendu une copie à l’image de leur Mondial. Sérieuse, appliquée et conquérante. Impressionants dans le jeu de petit périmètre et pouvant compter sur la maladresse derrière des frères Lamont, les Pumas auront maîtrisé une partie où leur seul essai ne surgit pourtant que d’un contre. Celui de Gonzalo Longo, à la 33e minute. Auparavant, Contepomi mit lui aussi quelque temps avant de régler son coup de pied. Le premier centre de l’Albiceleste n’enquillait que deux pénalités (23e, et 29e) avant les citrons, autant que le duo Parks (16e) – Paterson (38e).

Baroud d’honneur, so scottish

Le retour des vestiaires a vu toutefois les Ecossais troubler la mécanique argentine, qui dominait dans les regroupements, écrasait en conquête, et survolait au pied (nouvelle pénalité de Contepomi - 41e - et drop d’Hernandez - 54e). Sur des coups de flair, ceux qui ont manqué aux Français lors du match d’ouverture, l’Ecosse trouvait enfin le chemin de la terre promise, après une phase de jeu de 80m tout en inspiration et conclue par le demi de mêlée Cusiter (63e). Paterson transformait en coin et remettait les siens à un essai du dernier carré.

Le coaching tenté par Frank Hadden à la 56e avait un drôle d’air de quitte ou double. Et il faillit payer. Avec un cinq de devant totalement renouvelé, les Ecossais mettaient une pression folle au large. Mais trop brouillonne et maladroite pour renverser totalement l’édifice puma si concentré sur son sujet, malgré un baroud d’honneur so scottish dans les dernières minutes. L’Argentine entre dans l’histoire de l’Ovalie et se qualifie pour la première fois en demi-finale de Coupe du monde, où ils défieront l’Afrique du Sud. En essayant d’être à nouveau les plus intelligents au combat.