Euro 2016: L'absence de Benzema «est problématique», juge Eric Abidal

FOOTBALL L'ancien défenseur de l'équipe de France donne son sentiment sur la liste de Deschamps...

N.C. avec AFP

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Eric Abidal a fait son retour avec Barcelone début avril  2013.
Eric Abidal a fait son retour avec Barcelone début avril  2013. — FRANCK FIFE / AFP

«C'est problématique oui, bien sûr»: voilà comment l'ancien international Eric Abidal, interrogé par l'AFP, juge l'absence à l'Euro 2016 de Karim Benzema, écarté au nom de l'exemplarité après sa mise en examen dans l'affaire du chantage à la sextape contre Mathieu Valbuena.

Vous avez joué au Barça, quel est votre pronostic à l'Euro pour l'Espagne qu'on dit un peu vieillissante?

Vieillissante, je ne sais pas... En tout cas plus tu vieillis et plus tu as d'expérience. Cela reste une grande nation du football, qui a gagné énormément de titres et fait partie des favoris. Mais on ne va pas se cacher, on est pour la France, qui j'espère pourra gagner le trophée à la maison.

Justement, vous voyez la France arriver en finale contre qui?

On souhaite tous qu'elle aille en finale, mais j'ai été joueur et joué des grandes compétitions: ce n'est jamais facile de gagner une grande compétition. Il faut déjà bien rentrer sur les trois premiers matchs, surtout sur le premier car on n'a pas le temps de s'échauffer. Je sens bien une finale France-Belgique.

Gudjohnsen, que vous avez connu au Barça, sera à l'Euro à 37 ans avec l'Islande...

Oui "Gudi" il est encore là! J'ai eu la chance de jouer avec lui, c'est un passionné, il va apporter énormément à son équipe. Il a l'expérience, a joué dans des grands clubs, gagné des trophées. Ce sera sa dernière grande compétition donc il a certainement à coeur d'emmener son pays jusqu'au bout. Je suis très content pour lui. A partir du moment où tu as la tête et les jambes, tu peux continuer.

Vous auriez pris Gameiro, Ben Arfa ou Ribéry dans les 23 Bleus?

Je ne suis pas sélectionneur. Beaucoup de personnes auraient certainement fait un groupe différent, mais le sélectionneur a une vision. Il a fait un groupe, il faut le respecter. J'ai fait partie de ces joueurs qui à un moment n'ont pas été appelés. Certaines fois c'est dur à accepter car on souhaite toujours jouer les grandes compétitions. Mais il y a énormément de bons joueurs en équipe de France et la liste est restreinte, donc on ne peut pas prendre tout le monde.

Que pensez-vous de l'absence de Benzema?

C'est problématique oui, bien sûr, car se priver du meilleur attaquant français pour une grande compétition ne peut être qu'un problème. Les résultats nous le diront mais quand on voit ce qu'il fait avec le Real Madrid, je pense que ça aurait été plus qu'un atout.

Evra est toujours là, quel est son secret?

Il n'y a pas de secret, il joue dans un grand club, joue les grandes compétitions, est compétitif, fait partie des cadres en équipe de France. Et c'est certainement le joueur sur lequel Didier Deschamps s'appuie à l'intérieur du vestiaire. Ce qu'il fait prouve qu'il a encore sa place et mérite d'être appelé. Maintenant, le problème c'est plus la relève: il a 35 ans et est toujours là, mais bientôt il faudra qu'il tire sa révérence. Donc il faut qu'il essaie de passer le relais de la meilleure manière qui soit.

Et vous, comment voyez-vous l'avenir? Comme manager d'un club, comme Zidane?

Il a mis sept ans pour s'y mettre, j'ai encore le temps. Je n'ai pris ma retraite qu'en décembre 2014. Pour l'instant je ne me vois pas coach. J'ai commencé un master de management, j'espère réussir mon examen et après j'aurai le temps de voir venir. Mais je ne suis pas pressé, je laisse les choses se faire petit à petit. Et je pense qu'au final j'atteindrai mon objectif qui reste pour l'instant secret.