Equipe de France: «On joue bien mais de là à aller à l'Euro sans Benzema...»
INTERVIEW•L'ancien attaquant tricolore Steve Marlet évoque l'abondance de joueurs offensifs tricolores...Propos recueillis par Romain Baheux
Un coup franc de Payet à nous faire mordre de joie le bras de notre voisin de bar, des passes de Griezmann douces comme la mousse au chocolat de mamie et des déboulés dans tous les sens. En sept buts contre la Russie et les Pays-Bas, les Bleus ont montré que même sans Benzema (et Valbuena), on avait rarement vu un tel potentiel offensif en équipe de France. Un constat partagé par l’ancien attaquant tricolore Steve Marlet qui appelle quand même à ne pas trop s’enflammer.
Une telle concurrence en attaque, c’est quand même assez rare en Bleu…
On a souvent eu des bons attaquants, c’est quand même un poste où on a été historiquement gâtés, mais là, ça faisait longtemps qu’on n’en avait pas eu autant. Je trouve que ça ressemble à l’époque 98-2000 et ce qui avait suivi, avec cinq-six joueurs costauds à chaque poste, voire même plus. C’est bien pour le sélectionneur qui sait qu’il va pouvoir faire jouer la concurrence et en profiter.
Mais en tant que joueur, ça se vit comment ?
Quand on n’est pas pris, tu comprends parce que tu te dis qu’il y a du lourd autour. Quand tu es sélectionné, ça te met une pression importante. A la moindre contre-performance, au moindre écart, tu sais que tu peux sauter à la prochaine convocation. Dans le fond, c’est quand même bénéfique car ça t’oblige à être à fond.
En 2002, la France s’était pointée au Mondial avec les meilleurs buteurs de Premier League (Henry), Serie A (Trezeguet) et Ligue 1 (Cissé) pour zéro but marqué…
Là, les talents ont des profils différents. C’est bien d’avoir des meilleurs buteurs mais on avait surtout des joueurs d’axe. Si tu les associes tu n’as pas la garantie que cela fonctionne. Maintenant, on a des profils d’attaquants d’axe à la Gignac ou Giroud, des Griezmann, Coman ou Martial capables de jouer sur les ailes et de déborder. Ça se complète plus.
Quand vous entendez que ce réservoir nous permet de nous passer de Benzema à l’Euro, ça vous inspire quoi ?
C’est peut-être un manque de lucidité causé par l’euphorie de ces victoires. On a bien joué contre les Pays-Bas et la Russie mais on n’a pas mis non plus trois buts aux Allemands et aux Espagnols et de là à dire qu'il faut y aller sans Benzema... Il ne faut pas vouloir trop tirer de leçons de matchs amicaux, il n’y a pas ces moments de pression à gérer sur une compétition d’un mois, chose que Benzema a déjà fait.
Bon mais un tel réservoir, ça peut vraiment impressionner nos concurrents ?
Ça met le doute chez l’adversaire. Quand tu fais sortir Martial et que tu fais rentrer Coman, les mecs se disent : « On m’enlève un client, mais on m’en remet un autre dans la foulée, mince ».



















