Yannick Agnel est dans le dur mais il peut «aller chercher dans les tréfonds de (lui)-même»

NATATION Le nageur a réalisé le 4e temps des séries du 200M mercredi...

A.M. avec AFP

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Yannick Agnel à Montpellier, le 30 mars 2016.
Yannick Agnel à Montpellier, le 30 mars 2016. — PASCAL GUYOT / AFP

Quatrième temps des séries du 200 m libre mercredi, Yannick Agnel, champion olympique en titre en difficultés, pense toutefois être capable de se transcender en finale, d'aller puiser aux «tréfonds» de lui-même pour décrocher l'un des deux billets qualificatifs pour les JO-2016 lors des championnats de France. «Je crois que je suis capable d'aller chercher dans les tréfonds de moi-même pour décrocher de belles choses», a dit Agnel après avoir signé le 4e temps des séries (1:48.60).

Jérémy Stravius a lui réalisé sans forcer le meilleur temps (1:46.81), devant Jordan Pothain (1:47.00) et Clément Mignon (1:48.39). Seuls deux nageurs peuvent se qualifier sur 200 m pour les jeux Olympiques de Rio: les deux premiers de la finale à condition qu'ils ne dépassent pas 1:46.06.

«S'il y a 4 ans on m'avait dit qu'il se passerait tout ce qu'il s'est passé là...»

Agnel, champion du monde 2013, n'est pas arrivé dans les meilleures dispositions après n'avoir enchaîné que des chronos bien moyens tout au long de la saison. Le Mulhousien, âgé de 23 ans, était satisfait d'avoir assuré sa qualification pour la finale au terme d'une olympiade particulièrement éprouvante pour le grand champion. «S'il y a 4 ans on m'avait dit qu'il se passerait tout ce qu'il s'est passé là, dans cette olympiade, je ne l'aurais jamais cru», a-t-il souligné.

En avril 2013, Agnel s'est séparé de son mentor depuis 7 ans à Nice, Fabrice Pellerin, également coach de Camille Muffat, disparue tragiquement le 9 mars 2015. En juin 2013, il s'est installé aux Etats-Unis sous la coupe de Bob Bowman mais ce fut une désillusion. Depuis septembre 2014, il s'est posé à Mulhouse sous la direction de Lionel Horter. «Il s'est passé énormément de choses, il y a des choses... comment dire... que psychologiquement j'ai pu accepter, qu'on a pu accepter avec Camille (Muffat) à l'époque, où à un moment donné après les Jeux, voilà les choses sont parties en cacahuètes et on a dit stop. Tout simplement, chacun à notre façon», a-t-il raconté.

«Il y a eu beaucoup de changements, il y a eu les Etats-Unis qui m'ont extrêmement fatigué, la disparition de Camille qui m'a affecté, il y a eu des choses aussi dans mon cercle familial qui ont été compliquées à gérer. Bref, je vis aussi et j'ai mon lot d'expériences». Agnel a assuré qu'il ne se prenait «vraiment pas la tête». «C'est comme ça que je réussis le mieux».