Euro 2016: Pourquoi les collections Panini cartonnent encore
FOOTBALL•La célébre société italienne de vignettes sportives publie ce vendredi l'album dédié à l'Euro 2016...Antoine Maes
Au panthéon des madeleines de Proust du foot, Panini est peut-être ce qu’il y a de plus sacré avec l’autographe de votre idole sur un journal et ce maillot à manches longues que vous portez encore au stade mais qui gratte quand même vachement. Un truc old-school, en fait. Eh bien, sachez que c’est faux : ce vendredi, le célèbre éditeur de vignettes autocollantes sort sa collection dédiée à l’Euro 2016*, et il y a toutes les chances que ça soit encore un carton. Explications.
1. Les premiers fans sont devenus des parents (voire des grands-parents)
Ces temps-ci, c’est plutôt votre petit Kévin qui vous a rancardé sur le dernier jeu qui cartonne sur smartphone. C’est quand même devenu compliqué de partager un truc avec lui. Et pourtant, c’est possible avec Panini, selon la marque qui réalise 77 millions d’euros de chiffre d’affaires rien qu’en France (mais pas qu’avec le foot). « Une des raisons du succès de ce produit aujourd’hui, c’est qu’on a des parents qui transmettent, explique Isabelle Fillon, la responsable marketing et communication de Panini. C’est un produit qui rassure. Il permet de faire décrocher les enfants des triples ou quadruples écrans devant lesquels ils passent beaucoup de temps. Et puis il y a vrai apprentissage qui peut être fait. On a des parents qui nous expliquent que les premières lectures se sont faites sur des albums Panini par exemple. »
2. La recette est toujours aussi addictive
Ah, ce petit frisson au moment d’ouvrir ce petit paquet de la collection « Division 1, saison 1993-94 »… Il y a deux choses qui se manifestent avec Panini. D’abord, le fait que chez les gamins fans de foot, c’est toujours un truc incontournable pour échanger entre potes. « Il y a un lien social qui se crée, un sentiment d’appartenance à un groupe, reprend Isabelle Simon. Le fait d’avoir des stickers qui peuvent apparaître plus rares même si ce n’est pas le cas, ça peut donner une position dans un groupe. Tout ça fait que la sauce prend encore aujourd’hui : à l’époque, ça se passait dans la cour d’école et dans les clubs de foot, et c’est encore le cas. Parce qu’on a la chance de faire partie des produits encore tolérés dans les cours d’école ». Ensuite, chez les plus grands, certains sont devenus des vrais malades de l’accumulation, des collectionneurs qui sont par définition des clients extrêmement fidèles. « Un phénomène qui existe aussi sur le rugby, qu’on fait depuis neuf ans », ajoute Isabelle Fillon.
a3. Au lieu de flinguer Panini, Internet lui a donné un second souffle
C’est tout con, mais on ne voyait pas les choses comme ça : « On est sur un phénomène de collection, et qui dit collection dit échange. On s’est rendu compte depuis cinq ans de l’importance d’Internet. Tout ça a commencé avec les blogs, puis après les réseaux sociaux. Maintenant, de plus en plus de d’échanges se font sur nos pages officielles », explique Isabelle Fillon. De plus en plus, mais pas encore la totalité. Le site de fans le plus populaire s’appelle Paninimania, et si vous fouillez, vous verrez que la base de données est assez folle. Citons aussi Old School Panini (21 000 likes sur facebook quand même, bible officieuse et mine d’or d’archives.
* Pour la collection de l’Euro 2016, comptez 3,90 euros pour l’album et 25 vignettes (sur un total de 680).


















