Il y a donc des gens qui supportent des écuries de F1, on a voulu y voir plus clair avec ceux de Renault
FORMULE 1•La saison reprend ce week-end, et figurez-vous que certains sont aussi chauds que les plus grands supporters de foot...Antoine Maes
On avoue, on a du mal à adhérer au concept. Autant on voit bien ce qui pousse quelqu’un à dévouer sa vie à supporter l’équipe de foot de son patelin, autant on a du mal à saisir comment on peut montrer autant de dévotion à une écurie de Formule 1. Sachez que la saison 2016 reprend ce week-end en Australie, et qu’on est allé voir les « ultras » de l’écurie Renault, qui fait son grand retour sur les circuits. Est-ce qu’on supporte une écurie comme une équipe de foot ? Et bien figurez-vous que oui, ou presque, répondent en chœur nos supporters, débusqués sur le site RF1-Forum.
Mais comment devient-on supporter d’une écurie ?
Vous savez ce qu’on dit : Ce n’est pas vous qui choisissez votre équipe de foot, c’est elle qui le fait. Et en F1 ? « Chaque supporter à sa propre raison. L’histoire de la marque, ses succès actuels ou passés et son image sont autant de raisons que l’on retrouve. Un supporter peut également s’identifier à une équipe par sa nationalité », explique Hubert Dauchez, ingénieur de 27 ans et donc grand fan de l’écurie française. Son compère Fabien Carlier, commercial de 24 ans, fait remonter son attachement à Renault F1 « aux titres mondiaux de 2005 et 2006 ». Dans leur cas à tous les deux, il y a quand même une fibre patriotique qui ressort : « En plus on est Français et c’est une entreprise française. »
Et on se démerde comment pour faire les déplacements ?
Ce n’est déjà pas simple si vous êtes un supporter du Losc ou du FC Nantes de se taper des heures de bus chaque week-end pour filer à Troyes ou à Bordeaux. Alors pour des fans de F1, à moins d’être millionnaire, imaginez l’exploit. « Une saison se déroule à travers le monde entier. Le prix d’un billet est également très cher : il faut compter de 200 à 600 € en fonction du placement et des circuits », regrette Hubert Dauchez. « Et il faut ajouter l’hébergement, la nourriture, le trajet… A Spa on peut y aller une fois par an, mais quand c’est en Australie, c’est beaucoup, beaucoup plus compliqué » ajoute Fabien Carlier.
Et quand on est en tribune, ça se passe comment ?
Vous avez déjà vu des fumigènes dans les tribunes de Sepang ? Nous non. « Si vous allez en Espagne, il y a beaucoup plus d’enthousiasme qu’à Bahrein. Eux, ils n‘ont pas l’expérience. Ceci dit, avec les moteurs qui font moins de bruit, c’est plus facile, c’est plus facile pour les chants », rigole Fabien Carlier. Bon, ça ne veut pas dire qu’il ne se passe rien : « Sur les week-ends de course, on a parfois des gens qui viennent pour faire la fête la nuit sur le camping du circuit et qui dorment pendant les essais du vendredi et du samedi », raconte Hubert Dauchez. Quant à la présence de hooligans, c’est un grand non, Fabien Carlier préférant parler de « divergences de points de vue ». Ah, les débats sans fin sur la stratégie à deux arrêts aux stands…
Est-ce qu’on fait des vraies folies de supporter ?
Visiblement, les plus fervents sont sans conteste ceux de Ferrari,mais à Renault, on trouve quand même quelques spécimens. Déjà, sachez que certains goodies peuvent vous coûter un bras. « Les pièces prisées des collectionneurs sont différentes du football. On trouve des miniatures des F1, des casques de pilotes ou encore des pièces détachées des monoplaces, qui s’échangent parfois pour plusieurs milliers d’euros », raconte Hubert Dauchez. Quant à Fabien Carlier, il connaît une supportrice « qui envoie des cadeaux aux enfants des pilotes, où les DVD des courses à Romain Grosjean, ce genre de chose ». Mais la vraie folie, c’est de savoir si on est obligé de s’acheter une bagnole de la marque chérie… « Me concernant oui, reprend Fabien Carlier. Ce qui est bien c’est que maintenant Renault, c’est aussi Nissan. Et celui qui veut rester dans Renault il peut prendre une Infiniti à 80.000 euros. Quand on est un vrai supporter ces choses-là on y tient beaucoup. » Et bah il y a des jours où doit être content de pas être fan de Ferrari, hein ?



















