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Les Bleus tombent de haut

Les Bleus tombent de haut

FRANCE-ARGENTINE – A Saint-Denis, le XV de France a totalement manqué ses débuts face à l’Argentine (12-17)

Une cérémonie d’ouverture haute en couleur, quatre tribunes parées de vert, de rouge, de jaune et de bleu: la fête promettait d’être belle, vendredi soir au Stade de France. Elle a été gâchée par la désillusion des Bleus face à l’Argentine (12-17). Une défaite qui vient doucher les ambitions d’un XV de France trop approximatif et trop nerveux pour se sortir des griffes des Pumas.


Le diaporama des supporters


Les vingt-cinq premières minutes se résumaient à un duel de buteurs. A cet exercice, Felipe Contepomi est d’une efficacité diabolique. Le centre argentin transforme trois pénalités, dont une improbable, de 35 mètres et excentrée. Les hommes de Marcelo Loffreda mènent alors 9-3.


Les Français, eux, sont tendus. Comme tétanisés par l’événement, ils subissent la furia des Pumas. Orchestrés de main de maître par un Agustin Pichot toujours aussi filou et par un Juan Martin Hernandez au pied magique, les offensives argentines font mal. Les Bleus sont en panne d’inspiration et ils multiplient les approximations. Et l’une d’elles va leur coûter cher. Sur l’un des rares mouvements tricolores, une passe de Rémy Martin est interceptée. Le contre est assassin: Ignacio Corleto ne rate pas l’offrande et aplatit dans l’en-but français.


L’Argentine domine son sujet et le tableau d’affichage s’en ressent: 6-17 à la 34e, après une énième pénalité de Felipe Contepomi. Grâce à la botte de David Skrela, les joueurs de Bernard Laporte maintiennent la tête hors de l’eau et rentrent aux vestiaires avec –seulement– 8 points de retard (9-17).


Deux pénalités qui coûtent cher

A la pause, «Bernie le dingue» a dû hausser le ton. Résultat, les Bleus reviennent sur la pelouse du Stade de France avec des intentions nettement plus offensives. Mais toujours à court d’imagination, ils butent sur une défense argentine qui plie mais ne rompt pas. Le public du Stade de France n’abdique pas et entonne alors «La Marseillaise». L’hymne national sonne le réveil des Tricolores. Momentanément, car Skrela jette un froid en ratant une pénalité immanquable (58e). L’ouvreur parisien se reprend quelques instants plus tard et ramène les siens à cinq petits points. Inespéré au regard de la pâle prestation des Bleus.


Pour faire céder le pack sud-américain, le duo Laporte-Maso décide de lancer Dimitri Szarzewski, Julien Bonnaire et Sébastien Chabal –réclamé par le public– dans la bataille des avants. Blessé à la cheville gauche, Skrela cède sa place à Frédéric Michalak. Mais le nouveau demi d’ouverture des Sharks n’est guère plus inspiré que celui du Stade Français. A dix minutes du coup de sifflet finale, Michalak rate à son tour une pénalité de 25 mètres.


Ces six points coûtent chers aux Bleus, battus pour la cinquième fois en six matchs par les Pumas. Et les Bleus regagnent les vestiaires sous les sifflets, avec le lourd fardeau d’avoir manqué leur entrée dans ce Mondial 2007 en sauvant le point de bonus défensif. Avant de défier la Namibie, samedi prochain à Toulouse, c’est une bien maigre consolation.


Gil Baudu, au Stade de France


LES JOUEURS

Evidemment, nos notes sont pétries de subjectivité. A vous de donnez les vôtres…



Olivier Milloud 4

On ne l’a pas vu, mais c’est plutôt une qualité pour un pilier gauche. Sauf là…


Raphaël Ibanez 4,5

Plutôt bon au lancer et solide face à la poussée Puma, il a toutefois manqué de jus et a été remplacé par un Swarzewski (60e) qui a réussi l’exploit d’être encore plus transparent.


Pieter De Villiers 3,5

A tenu bon en mêlée, mais on ne l’a pas vraiment vu sur la pelouse du Stade de France.


Fabien Pelous 5

Efficace au charbon, il a apporté son expérience en conquête et a participé plus qu’activement aux phases d’avants les plus intéressantes, notamment lors de la grosse cocotte qui a progressé sur trente mètres. Pas le pire sur le pré, loin de là. Remplacé par Chabal (60e) qui, à part contenter le public, n’a pas fait plus qu’une percée de bœuf avec une perte de balle au bout…


Jérôme Thion 4,5

Bon en touche et précieux dans les impacts au départ, il a peu à peu déjoué jetant des parpaings au moment de passer la balle et plongeant comme un minime dans les regroupements.


Serge Betsen 5

Auteur d’un plaquage betsenien en début de match, il n’a pas su contenir la charnière argentine et pu apporter son rendement offensif. Au diapason de l’équipe.


Rémy Martin 3,5

Bien que valeureux en troisième ligne, il est celui qui transforme l’essai tout fait en contre assassin, en offrant une passe mal assuré à Agulla qui amena l’essai de Corleto. Moche, d’autant plus qu’il n’a pas eu son pouvoir de perforation habituel. Bonnaire l’a remplacé mais pour commettre des fautes au déblayage.


Imanol Harinordoquy 4

Transparent, sauf sur un contre en touche. Perturbé sur les sorties de balles par Pichot. Faible.


Pierre Mignoni 3,5

Pas le meneur d’homme de Clermont ou du dernier Tournoi. Sorties de balle lente. Aura du mal à sauver sa place de titulaire au prochain match.


David Skrela 3,5

Emprunté à la baguette, le Parisien a vendangé au pied et a laissé en route trois points tout fait. Malgré une bonne défense, il est passé à côté de son sujet, ne parvenant pas à animer une attaque faiblarde. Michalak l’a remplacé (63e) et imité en paumant une pénalité fastoche, malgré quelques bonnes intentions dans les lancements.


Christophe Dominici 5

De beaux gestes en défense, mais rarement en position d’apporter quoi que ce soit. L’ailier inutile quand on le prive de ballon.


Damien Traille 4,5

Sorti sur saignement dès le premier quart d’heure, son retour sur le pré n’a pas été franchement convaincant. A souvent vu Contepomi le déborder en toute impuissance.


Yannick Jauzion 4,5

Deux belles percée et une activité indéniable au plaquage. Mais pas grand chose de plus.


Aurélien Rougerie 5,5

Volontaire et enragé, il a souvent cherché à prendre le jeu à son compte et a été à l’origine de la plus belle occase française au large, après une chevauché splendide de 50m.


Cédric Heymans 2,5

Le match sans par excellence. En difficulté sur quasiment toutes les chandelles, autant que sur ses coups de pied. Emprunté au moment de s’intercaler dans la ligne d’arrière, il a vite souffert de l’impact argentin. Usé et claudiquant, il fut à la peine toute la partie durant, n’ayant pas Poitrenaud pour écourter son calvaire.

Stéphane Alliès au stade de France