Isoloir transparent, recours au TAS et voyage en Afrique : C'est quoi encore ce foutoir à la Fifa?

FOOTBALL Ambiance tendue à Zurich avant l'élection du nouveau boss, qui doit se tenir vendredi...

A.M. avec AFP

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Le siège de la Fifa à Zurich, le 17 décembre 2015.
Le siège de la Fifa à Zurich, le 17 décembre 2015. — FABRICE COFFRINI / AFP

Lundi, Issa Hayatou a pris sa plus belle plume pour écrire à ses petits camarades. Le patron par intérim de la Fifa - depuis que Sepp Blatter a été mis hors-jeu - a envoyé une lettre à toutes les associations membres. « La tâche en face de nous est clairement définie et essentielle : Nous devons construire une Fifa plus forte ». Pour tout dire, c’est mal parti, alors que l’instance doit se choisir un président et adopter des nouveaux statuts vendredi.

 

. La croisade du Prince Ali pour les isoloirs transparents

Il est remonté, le candidat jordanien. Battu en mai dernier par Sepp Blatter, et dans les grandes largeurs, le Prince Ali sait qu’il est tout sauf le favori. Auto-désigné candidat de la transparence, il sait que le jeu des coulisses et les alliances de l’ombre risquent encore de le plomber vendredi. Alors il souhaite tout mettre sur la table. Il a commencé par réclamer que les électeurs se voient confisquer leur téléphone portable dans la salle. Pourquoi ? Parce que la confiance règne tellement à la Fifa que certains votants doivent prouver qu’ils ont bien respecté leur promesse de vote en prenant une photo de leur bulletin. Proposition rejetée par l’instance, qui ne propose « que » d’interdire les smartphones dans l’isoloir. Du coup, le Prince Ali a milité pour des isoloirs transparents (oui c’est un contresens) : rejeté aussi. Du coup, il a déposé mardi un recours devant le TAS pour reporter l’élection tant que la Fifa ne satisfera pas sa demande (la réponse du TAS est attendue jeudi matin au plus tard).

 

. Jérôme Champagne et les lobbyistes indésirables

Le Français, lui non plus, n'a pas beaucoup de chances de s’asseoir sur le trône de la Fifa en fin de semaine. Pour lui, ce n’est pas une raison pour se laisser battre sans combattre. Lundi, Jérôme Champagne s’est donc étonné que certaines confédérations puissent compter sur des accréditations supplémentaires : 20 pour l’UEFA, 7 pour l’AFC (Asie). Notez que ce sont les deux organes d’où sont issus les deux favoris, Gianni Infantini et le Cheikh Salman. « Etant donné que les candidats doivent être traités de façon équitable », écrit Champagne dans une plainte transmise à la commission électorale ad hoc de la Fifa, « cela entre en violation du principe d’égalité ».

J’ai beau me boucher le nez ça sent l’entourloupe (Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA)

. Infantino et Salman se bagarrent pour l’Afrique

Vous avez remarqué comme on ne les entend pas, les deux rivaux ? C’est sans doute parce que Gianni Infantino et le Cheikh Salman se savent en tête des pronostics. En même temps, ils se servent de méthodes qui ont fait leur preuve. Ainsi, le secrétaire général de l’UEFA a pu se satisfaire lundi de son voyage en Afrique, une terre si souvent favorable à Sepp Blatter, et qui représente le plus gros contingent d’électeurs (54 sur 209). « Je me sens très confiant concernant mes soutiens en Afrique. Je pense que j’aurai une majorité des votes africains », a déclaré l’ancien « chauve des tirages au sort ». Béatement, on pensait que cette confédération-là était plutôt acquise au Cheikh Salman Bin Ebrahim Al Khalifa : la CAF lui avait confirmé son soutien début février. Le problème, c’est que le bloc africain ne votera pas d’un seul homme. Alors si Infantino dit qu’il « n’aime pas les accords conclus derrière des portes closes », on a le droit de penser que c'est encore là que ça se jouera.