L'Allemand Patrik Sinkewitz, de la formation cycliste T-Mobile, qui a abandonné dimanche dans le Tour de France, a fait l'objet d'un contrôle antidopage positif le 8 juin dernier, a annoncé mercredi la Fédération allemande de cyclisme (BRD).
L'Allemand Patrik Sinkewitz, de la formation cycliste T-Mobile, qui a abandonné dimanche dans le Tour de France, a fait l'objet d'un contrôle antidopage positif le 8 juin dernier, a annoncé mercredi la Fédération allemande de cyclisme (BRD). — Franck Fife AFP/Archives

CYCLISME

Dopage: la télé allemande cesse de diffuser le Tour

Après l'annonce du contrôle positif de l'Allemand Patrick Sinkiewitz, la ZDF et l'ARD mettent leur menace à exécution...

Et vlan dans les dents du «Tour du renouveau». L'annonce par la fédération allemande du contrôle positif du coureur de la formation T-Mobile, Patrik Sinkewitz, a plombé l'ambiance de la caravane. Comme annoncé il y a quelques mois, les chaînes de télé allemandes ARD et ZDF ont mis leur menace à exécution et et ont décidé de suspendre la diffusion de la Grande Boucle.

«Nous ne pouvons pas diffuser une épreuve avec des équipes et des coureurs sur lesquels plane le soupçon du dopage», a expliqué Nikolaus Brender, le rédacteur en chef de la ZDF, interrogé lors du journal de l'après-midi de la chaîne publique. «Nous voulons montrer par ce geste que nous sommes prêts à soutenir le cyclisme si et seulement s'il est propre, c'est à dire sans produits dopants et prohibés. C'est un avertissement au cyclisme et à tous les autres sports».

La T-Mobile «extrêmement» déçue

Espoir de la petite reine d'outre-Rhin, Sinkewitz
a abandonné dimanche, après avoir percuté un spectateur à l'issue de l'étape de Tignes. Il est actuellement hospitalisé dans la région de Hambourg et devait être opéré de la mâchoire dans la journée. Comme pour Floyd Landis, le test a révélé la présence de testostérone dans l'échantillon A du coureur. «Comme c'est le cas dans ce genre de procédure, le coureur dispose de cinq jours pour demander une contre-expertise», a indiqué la Fédération allemande. «Si la contre-expertise devait confirmer le résultat de l'échantillon A, une procédure disciplinaire sera ouverte par la BRD et Patrik Sinkewitz ne pourra plus être sélectionné en équipe d'Allemagne».

Bob Stapleton, manager général de l'équipe T-Mobile, a qualifié mercredi d'«extrêmement décevant» la nouvelle, d'autant plus que Sinkewitz avait signé le «code de conduite de l'équipe allemande». «Notre attitude, c'est d'encourager les contrôles ciblés et inopinés. C'est notre vision des choses: si on commet une faute, on se fait prendre et on doit assumer les conséquences», a-t-il estimé, annonçant la suspension «avec effet immédiat» de Sinkewitz.

Aveux en série

Un après l'affaire Jan Ullrich, soupçonné d'être impliqué dans l'affaire Puerto, la formation allemande a également été rattrapée par les aveux d'anciens coureurs de Telekom, comme Erik Zabel, Bjarne Riis et d'autres qui ont admis avoir eu recours à l'EPO dans les années 1990. Depuis l'affaire Ullrich, T-Mobile s'est profondément restructurée, s'est séparée des coureurs de la vieille école, avait changé sa direction sportive et assuré avoir mis en place un programme de contrôle antidopage très strict. L'opérateur de téléphonie mobile T-Mobile, filiale de Deutsche Telekom, avait failli mettre un terme à sa présence dans le cyclisme professionnel l'été dernier.