Incidents face à Lyon: Comment et pourquoi l'OM va être puni par la Ligue

FOOTBALL Le club olympien ne va pas sortir indemne après l'interruption de la rencontre au Vélodrome dimanche soir (1-1)...

Julien Laloye

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Les CRS interviennent au Vélodrome, le 20 septembre 2015.
Les CRS interviennent au Vélodrome, le 20 septembre 2015. — FRANCK PENNANT / AFP

Il y a bien eu un match au Vélodrome dimanche soir, et même un bon match par moment (1-1), mais on retiendra que les images désolantes qui ont escorté la soirée de Mathieu Valbuena pendant une demi-heure en seconde période. 20 Minutes vous résume ce que risque le club marseillais après ces incidents désastreux.

La Ligue a-t-elle prévu de réagir ? Oui

La LFP n’a pas pas attendu d’être sollicité par l’OL pour agir après le match de dimanche soir. Une réunion se tiendra en effet ce lundi matin au siège parisien de la Ligue de football professionnel (LFP) autour de son président Frédéric Thiriez. Elle sera toute entière consacrée aux incidents survenus lors de la 6e journée de Ligue 1, puisqu’en plus de l’interruption à Marseille en raison de l’ambiance houleuse autour du retour de Mathieu Valbuena, des affrontements ont opposé supporters et forces de l’ordre samedi à Bastia après la défaite face à Nice (1-3), alors des supporteurs  du PSG ont créé des troubles dans la ville de Reims en marge de Reims-PSG (1-1).

 

L'OM peut-il perdre le match sur tapis vert ? Non

A chaud, lors de l’interruption d’une grosse vingtaine de minutes au milieu de la seconde période, Jean-MIchel Aulas a jugé « le score pour acquis », alors que son équipe menait 1-0. Le président lyonnais en a remis une couche après le match. « La bonne décision de la Ligue aurait été de ne pas le faire reprendre pour qu’une fois pour toutes les problèmes d’équité à Marseille soient résolus car on est à chaque fois dans un contexte où l’adversaire doit faire un petit peu plus que ses forces footballistiques ». Une réclamation pas tout à fait désintéressée. L’article 547 du règlement de la LFP prévoit qu’en cas d’arrêt définitif d’une rencontre en raison d’un envahissement de terrain ou d’autres incidents, la commission de discipline de la LFP peut donner « match perdu par pénalité au club dont la responsabilité est établie ». Ce ne sera pas le cas ici, puisque le match a repris pour aller jusqu’à son terme.

Le Vélodrome risque-t-il une lourde suspension ? Oui

Si l’OM gardera le bénéfice de son match nul et n’écopera pas de retraits de points, il risque fort d’être au minimum sanctionné d’un match à huis clos au Vélodrome. L’article 521 de la LFP prévoit en effet qu’en cas de récidive concernant l’utilisation prohibée d’engins pyrotechniques (le Marseillais Michy Batshuayi a été lui-même touché par un fumigène) ou l’utilisation d’objets en verre comme projectile doit conduire « à une suspension de terrain ». Déjà sanctionné par la Ligue d’un huis clos partiel face à Bastia (virage nord) en raison de la révocation d’un sursis, Marseille risque même un peu plus que le huis clos. L’an passé, dans des circonstances presque similaires, Bastia avait dû accueillir Guingamp à la Fos-sur-Mer, sans personne en tribunes.

Le club marseillais a-t-il fait son boulot avant et pendant le match? Non

Abondamment commenté depuis sa signature à l’OL début août, le retour de Mathieu Valbuena au Vélodrome a eu le temps d’être préparé en amont par l’état-major olympien. Si celui-ci n’a pas appelé les supporters marseillais à mener une « vendetta » contre le meneur de jeu des Bleus, on peut toutefois regretter que Vincent Labrune n’ait pas lancé un appel au calme avant le match. Mais c’est surtout dimanche soir que l’attitude du président marseillais pose question.

 

Au lieu, comme on pouvait s’y attendre, de condamner fermement les incidents, et pourquoi pas, de prendre lui-même le haut-parleur pour calmer les ardeurs, Labrune a minimisé les faits - « Il y a un stade formidable, une ambiance formidable. Et il y a eu malheureusement des faits de jeu qui ont conduit à un ou deux dérapages, c’est vrai. Moi, je prendrai mes responsabilités en tant que président, et je veux que tout le monde les prenne à la Fédération, à la direction de l’arbitrage, et à l’Olympique lyonnais également», avant de presque les justifier à l’Equipe: «Il y a des équipes qui ont l’habitude de jouer à 11 contre 11 comme Lyon, et d’autres à 10 contre 11 comme Marseille Sur les trois derniers matches contre l’OL, il y a eu un penalty imaginaire sifflé et un oublié contre nous ». Le genre de réaction qui ne devrait pas aider l’OM à sortir par le haut de cette affaire.