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Paris 2024: «Le regard du CIO sur la France a un peu changé, en positif»
OLYMPISME•Guy Drut, membre du CIO depuis, juge que la candidature française «est mieux partie» que les précédentesPropos recueillis par Julien Laloye
Il est LA référence olympique française des Jeux d’été. Guy Drut, membre du Cio depuis 1996, le seul Français du « board » olympique avec Tony Estanguet, était présent au siège du CNOSF pour accompagner l’officialisation de la candidature parisienne en 2024, et estime que le dossier parisien est bien parti, « mais que la course sera longue »
Paris a-t-il lancé sa candidature comme il le fallait ?
Elle est incontestablement mieux partie que les précédentes. Parce que c’est le mouvement sportif qui supporte le projet et lui seul. C’est une candidature bien née mais il faut qu’elle soit bien élevée. La course dure 26 mois, jusqu’à septembre 2017 à Lima, et il faut garder la même envie et le même enthousiasme pendant tout ce temps.
Pensez-vous que le CIO est emballé par Paris 2024 ?
Le regard de ses membres a un peu changé, mais je préfère garder ce qui se dit pour moi parce que tout ça fait partie des stratégies qu’on va mettre en place pour faire gagner Paris.
Leur regard a changé en bien, donc ?
Il est plus positif, c’est vrai. Il fallait officialiser la candidature, on en parlait on en parlait… Au niveau du CIO ils nous disaient « Qu’est ce que vous attendez ? Vouv y allez, vous n’y allez pas, qu’est ce que vous faites ? ». C’est pour ça qu’avec Tony [Estanguet], on a pensé que la journée olympique, symboliquement, était un bon moment. Cette déclaration officielle va leur plaire, je pense.
Quel sera votre rôle pour aider le dossier parisien ?
Je suis là pour m’assurer que la candidature reste une candidature sportive soutenue par les politiques. Si l’inverse devait se produire, je serais bien placé pour le dire et je ne me priverai pas de le dire. Ce sont les athlètes qui sont les mieux placés pour convaincre les membres du CIO et les Français.
Comment fait-on pour convaincre le CIO, justement ?
Le CIO, c’est 102 votants, et pour les convaincre, il faut aller les voir un par un. Ce n’est pas simple, mais c’est comme ça qu’on gagne. Il faudra s’aider du monde sportif, évidemment, mais aussi du monde économique. Sans oublier que tout peut se jouer le dernier jour, comme à Singapour en 2005. C’est pour ça qu’il ne faut pas dire qu’on est en avance sur les autres. Il ne faut jamais juger un dossier au jour J, mais penser que la course sera longue.
Aucune candidature ne semble de détacher clairement en dehors de Paris, pourtant ?
Il est vrai qu’il n’y a pas d’évidence comme Pékin en 2008, ou Rio par rapport à l’Amérique du Sud qui accueillait ses premiers JO en 2016. Mais Les Américains restent les favoris même s’ils démarrent mal. Il ne faut pas oublier que Londres était mal parti aussi et qu’ils ont tout changé un an avant pour l’emporter. Les habitants de Boston sont réticents ? Ils changeront de ville, ça peut encore varier. Il faut d’abord tracer notre route, montrer nos atouts, puis après on s’occupera des autres.
Paris 2024 a-t-il une marge de progression ?
Il nous reste beaucoup à dire pour boucler la candidature et la stratégie qu’on va suivre. La vision est définie, mais ce n’est pas le moment d’en parler. Pourquoi on veut les Jeux, ce que ça va devenir, pour qui, comment… On ne va pas dire tout, tout de suite. Je me répète, mais il y a 26 mois encore, et il faut finir aussi bien qu’on a commencé. Et en particulier le dernier jour. Il faut en garder sous le pied.


















