JO 2024: Timing, coût, adversaires... La candidature de Paris en huit questions

OLYMPISME Paris officialise sa candidature ce mardi...

J. L. et N.C.

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Une courte majorité de Français (51,9%) est favorable à une candidature de Paris à l'organisation des jeux Olympiques d'été de 2024, selon un sondage Ipsos paru mardi dans L'Equipe.
Une courte majorité de Français (51,9%) est favorable à une candidature de Paris à l'organisation des jeux Olympiques d'été de 2024, selon un sondage Ipsos paru mardi dans L'Equipe. — Morry Gash Pool

Cette fois on y est. Après avoir beaucoup réfléchi et travaillé en amont, le temps de convaincre des politiques frileux, Bernard Lapasset et Tony Estanguet, chefs de file de l’étude d’opportunité pour l’organisation des Jeux Olympiques, officialiseront la candidature de Paris, deux ans avant le choix final, au cours de l’été 2017. 20 minutes vous explique tout ce qu’il y a à savoir sur le projet parisien pour 2024.

>> Lire aussi : « La France est suspectée d’être infidèle à l’olympisme », l’interview d’Armand de Rendinger

Le timing de l’annonce est-il bon ?

Officialisée en deux temps - ce mardi, à l’occasion de la journée olympique, et le 14 juillet -, la candidature parisienne s’est fait un peu attendre. Il ne fallait plus trop tarder. Le CIO aime voir que les dossiers suivent un cheminement tranquille, preuve qu’ils découlent d’une réflexion claire, ordonnée et surtout consensuelle entre tous les acteurs. « C’est bien que la candidature soit officialisée car ici les gens ne comprenaient plus. Tout le monde en parlait en France et dans le monde olympique mais il n’y avait pas d’officialisation », disait début juin Guy Drut, l’un des deux membres français du CIO (avec Tony Estanguet).

Combien ça va coûter ?

Le budget prévisionnel atteint 6,2 milliards d’euros, répartis entre dépenses d’organisation et dépenses d’infrastructures. Le Comité international olympique apporte environ 2 milliards d’euros. La participation publique elle, est censée ne pas dépasser 3 milliards d'euros au total. Priorité est donnée à la rentabilité des dépenses. Par exemple, la construction du village olympique (1,7 milliard d’euros) permettrait ainsi de « participer à l’effort de construction en logements manquants en Ile-de-France »

Le budget hors Cojo (non financé par le CIO), tel qu’estimé dans l’étude de faisabilité

Evidemment, l’histoire récente montre que le coût réel est bien souvent supérieur aux prévisions. Un coup d’œil aux vrais chiffres des JO 2008 à Pékin (2,6 milliards prévus, 32 effectivement dépensés) et 2012 à Londres (4,8 milliards prévus, 10,9 effectivement dépensés) suffit à s’en rendre compte. Paris ne sera peut-être pas épargnée, mais la ville peut s’appuyer sur un élément solide pour ne pas exploser le budget. Ses équipements - qui constituent la principale source de dépenses non prévues - sont en large majorité déjà construits.

>> La carte des principales infrastructures de Paris 2024

 

Lien vers étude de faisabilité : http://franceolympique.com/files/File/International/Synthese%20CNOSF-FINAL.pdf

Qui sont les adversaires ?

Trois villes se sont d’ores et déjà déclarées candidates : Rome, Hambourg et Boston. Comme Paris, elles savent que les Etats-Unis et l’Europe, où les olympiades reviennent au moins tous les 12 ans, sont les mieux placées pour l’emporter en 2024. L’Afrique du sud (Durban), la Hongrie (Budapest), le Qatar (Doha) et la Turquie (Istanbul) réfléchissent encore, sachant qu’en avril dernier, le Taïwanais Ching-Kuo Wu, membre du CIO, avait estimé à « cinq au maximum » le nombre de villes candidates.

Quelle est notre cote auprès du CIO ?

Plutôt bonne. A l’occasion d’une rencontre avec François Hollande en avril, le président du CIO Thomas Bach a loué une « candidature exemplaire ». « Nous sommes très heureux de voir que la France se mobilise et nous sommes sûrs que ce sera une candidature très forte », avait-il ajouté. Certes, on peut y voir une simple complaisance politique, mais cet avis reflète celui de beaucoup à Lausanne. Rome, Hambourg et Boston, si elles se sont déclarées avant, n’en sont pas au même stade de préparation que Paris. « Je crois qu’on part du bon pied », assure Guy Drut.

Les Français en ont-ils envie ?

Plutôt oui, mais cela reste une donnée fluctuante. En février, une étude de l’institut CSA montrait qu’une très large majorité de Français, 73 %, était favorable à cette candidature. 76 % des Franciliens, premiers concernés, voyaient même d’un bon œil que la planète entière débarque dans leur région l’espace de deux semaines. En mars 2014, seule une courte majorité de Français, 51,9 %, se disait pour dans un sondage de L’Equipe, signe que le travail de mobilisation a fonctionné.

Le choix définitif, c’est pour quand ?

Le lancement officiel de la campagne sera donc pour septembre. Les villes candidates finalement retenues – on le saura en mai 2016- auront un peu moins de deux ans pour faire un lobby efficace, puisque l’heureuse élue sera choisie à l’été 2017, lors de la session annuelle du CIO à Lima. Avant ça, la commission d’évaluation du CIO visitera Paris et ses rivaux en février/mars 2016, un tournant décisif dans la course à l’échalote.

Qui sont les têtes d’affiche ?

Le président de l’IRB Bernard Lapasset, qui quittera ses fonctions après la Coupe du monde 2015, et le triple champion olympique Tony Estanguet, membre du CIO, mèneront la candidature française. Ils seront la partie visible de l’association ambition olympique, véritable cheville ouvrière de Paris 2024. Si les politiques ont promis de rester en retrait, y compris Anne Hidalgo, les plus grands sportifs français (Tony Parker, Laura Flessel, Teddy Riner…) seront sollicités tout au long du processus de candidature.

D’autres villes que Paris seraient-elles concernées ?

Si les épreuves olympiques et paralympiques, pour la grande majorité d’entre elles, se dérouleraient sur le territoire francilien, d’autres villes se sont tout de même manifestées pour en accueillir certaines. Le Havre, par exemple, va déposer ce mardi auprès du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) son dossier de candidature pour organiser les épreuves de voile. En avril, le conseil municipal de Marseille avait voté la candidature de la ville pour prendre en charge les épreuves nautiques. Enfin, Cernay, en Alsace, s’était dite intéressée pour s’occuper des épreuves de ball-trap.