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Ligue 1: L'OM, Monaco, et Saint-Etienne doivent-il vraiment se battre pour finir troisièmes?

Ligue 1: L'OM, Monaco, et Saint-Etienne doivent-il vraiment se battre pour finir troisièmes?

FOOTBALLLes trois clubs sont à la lutte pour obtenir une place sur le podium pas si profitable que ça à long terme...
Julien Laloye

J.L.

C’est le dernier enjeu du championnat de France, qui nous occupera pendant le multiplex de la 38e journée samedi. Savoir qui de Monaco, Marseille, ou Saint-Etienne, va finir sur le podium pour se faire éliminer au en tour préliminaire de Ligue des champions en août et rater sa saison. Vous nous trouvez pessimistes ? Et bien vous avez tort. « 20 minutes » vous explique pourquoi il vaut mieux éviter la troisieme place.


Parce que le calendrier estival devient un enfer

« Jouer l’Europe est une grosse réflexion à avoir car on peut y laisser des plumes, prévenait René Girard l’an passé, quand Lille "surperformait' pour finir troisième. On fait tout pour jouer l’Europe mais derrière la saison commence très tôt et il y a peut-être un coup de bâton qui nous attend ». Indeed. Pendant que le 4e de Ligue 1 se recommandera des mojitos au bord de la piscine pendant son stage dans l’Algarve fin juillet, le temps de reprendre tranquillement le rythme avant la reprise – si le PSG gagne la Coupe de France, comme prévu, notre fier troisième sera déjà à bloc.


C’est que le programme est chargé : deux barrages au menu, le premier avec match aller le 28 juillet et retour le 5 août, puis rebelote le 18 août et le 25 août, si tout va bien. Le tout va bien est important, d’ailleurs : en cas d’élimination contre le Partizan Belgrade ou on ne sait qui lors du premier barrage, il n’y aura pas d’Europe au bout, même pas de Ligue Europa. Autant dire que la préparation physique doit être axée pour que l’équipe soit à 100 % fin juillet, afin de jouer le double de matchs officiels que les autres jusqu’à fin août, le tout sans garantie d’être récompensé. Cruel.

Parce qu’on paye les pots cassés en automne

Etre prêt avant les autres, c’est bien, mais encore faut-il tenir la distance. Lille par exemple, si l’on oublie la Ligue et des champions puis la Ligue Europa, s’est comporté tout à fait honorablement jusqu’à ce que l’accumulation précoce de gros matchs ne fasse péter les jointures. Début octobre, les Nordistes comptent huit blessés avant de se déplacer à Lyon. La série qui suit est terrible. Sept défaites pour cinq matchs nuls jusqu’au mois de décembre.


« Etre européen est important même si c’est complexe, synthétisait alors le président Seydoux. Cela attire des gens au stade, des joueurs et ça met aussi de la lumière sur le club à l’étranger, mais cela coûte des points en championnat. De notre côté, on a commencé la saison très tôt avec le tour préliminaire de la Ligue des champions. On a joué plus de matchs que les autres ». Et quand ce n’est pas l’énergie qui vient à manquer, c’est la tête qui flanche. L’OL, engagé dans la même galère l’année précédente, avait mis deux mois à se remettre de son élimination en barrage contre la Real Sociedad.


Parce qu’il est presque impossible de se quallifier

Depuis que la France a rétrogradé à la 6e place à l’Indice UEFA, il y a deux ans, aucun club français ne s’est qualifié pour la Ligue des champions en passant par les barrages. Lyon avait morflé face à Griezmann et la Real, donc, et Lille n’a pas fait mieux contre Porto. Cette année, un rapide coup d’oeil au classement des autres championnats européens fait craindre le pire. Ni l’OM, ni Monaco, ni Saint-Etienne, ne peuvent prétendre être l’un des cinq clubs têtes de série en barrages. Leurs adversaires potentiels ? Manchester United (ou City ou Arsenal), Valence, Leverkusen, peut-être la Roma ou Naples, et dans le meilleur des cas, le Sporting du Portugal.

Au moins dix clubs susceptibles de se qualifier pour les barrages seront tête de série avant les Français.

En un mot, il devient très présomptueux d’envisager une quelconque qualification, et d’ailleurs, plus personne ne l’envisage. JMA, il y a deux ans, avait bien précisé qu’il attendrait l’issue du barrage pour éventuellement recruter, et pas l’inverse. « Depuis que je suis ici, on n’est pas vraiment ambitieux, déplore par exemple le Stéphanois Max-Alain Gradel. Pas au point de vouloir gagner quelque chose ou d’aller plus haut, car on n’arrête pas de vendre nos meilleurs joueurs. Il n’y a pas besoin d’être intelligent pour le comprendre ». Tout est dit.

Parce qu’il est temps qu’un club français aille loin en Ligue Europa

Calendrier et tirage au sort mis à part, parlons un peu Ligue Europa. Vous avez vu la finale de cette année ? Séville contre Dniepropetrovsk. Dnipropetrovsk. Le troisième du championnat ukrainien. Et les clubs français ? Anonyme ou presque, si on met de côté le parcours honorable de Guingamp. Plutôt que de se battre pour perdre ses six matchs de poule de C1, comme l’OM en la saison passée, pourquoi ne pas une fois pour toutes jouer cette Coupe d’Europe à fond. C’est encore le meilleur moyen de gratter des points à l’indice UEFA. On est curieux, par exemple, de voir jusqu’où Monaco et sa science défensive sont capables d’aller dans la défunte coupe UEFA. Et qui peut dire que l’OM de 2005, finaliste de l’épreuve, était supérieur à celui de 2015 ?