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Tennis: «Si les anciens savent tant de choses, pourquoi ne viennent-ils pas nous les apprendre?», interpelle Jo-Wilfried Tsonga

Tennis: «Si les anciens savent tant de choses, pourquoi ne viennent-ils pas nous les apprendre?», interpelle Jo-Wilfried Tsonga

CRITIQUESJo-Wilfried Tsonga estime dans une interview à L'Equipe que le climat autour du tennis français n'est pas propice à la réussite...
Nicolas Camus

N.C.

Toujours blessé au coude - une inflammation qu'il traîne depuis septembre et qui avait gâché sa finale de Coupe Davis -, Jo-Wilfried Tsonga prend le temps de se soigner tranquillement. Forfait pour l'Open d'Australie, il ne sera pas de retour avant la deuxième quinzaine de mars. Une prise de recul dont il profite pour livrer sa façon de penser sur le tennis français, en berne sur ce premier Grand Chelem de la saison, et l'atmosphère pesante autour. Dans une interview accordée à L'Equipe ce mercredi, le Manceau n'y va pas de main morte. «On ne crée pas les conditions pour donner confiance aux joueurs. Dès qu'un gars ose parler de ses ambitions, on lui coupe les pattes. Laissez-le croire ce qu'il veut!, s'emporte-t-il. Depuis quelques mois, le climat n'est pas très porteur. Au lieu de trouver des solutions aux problèmes, on les ressasse. On entretient un climat négatif.»

«On n'est pas des symboles de réussite»

S'il ne l'évoque jamais clairement, la finale de la Coupe Davis perdue contre la Suisse et tous les commentaires qui en ont découlé est présente dans chaque phrase ou presque. «J'ai été beaucoup critiqué ces derniers temps. On a dit de moi: "il a peur". Peur de quoi? Peur de qui? Je n'ai pas peur moi. C'est quand même bizarre de penser ça», dit-il, avant de regretter que les médias et le public aient oublié d'où il venait, entre un début de carrière pourri par des blessures au dos, une ascension fulgurante jusqu'à sa première finale de Grand Chelem (Open d'Australie 2008) et désormais une présence régulière parmi les 15 meilleurs joueurs mondiaux: «On a oublié le début de l'histoire. Du coup, je ne suis pas un symbole de réussite. On est quatre de la même génération à avoir été top 10. C'est du jamais vu en France, et pourtant on n'est pas des symboles de réussite.»

Jo-Wilfried Tsonga en profite également pour tacler les anciens joueurs qui les critiquent sans cesse depuis leur poste de consultant. Sans prendre le risque de venir au bord des courts. «S'ils savent tant de choses, s'ils sont si bons, pourquoi ne viennent-ils pas nous les apprendre? On doit être le seul pays où les meilleurs anciens ne travaillent jamais avec les joueurs en activité. Y a pas de pont. Le lien, il n’est pas bon», juge-t-il. Yannick Noah, dont la proposition de venir donner un coup de main à l'équipe de Coupe Davis avait «choqué», appréciera.