VIDEO. Mondial de handball: Omeyer et Joli racontent le duel gardien-tireur au penalty

HANDBALL Les deux joueurs, qui affrontent l'Argentine en 8e de finale lundi, sont des experts en la matière...

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Le Français Guillaume Joli, le 17 janvier 2014 au Danemark, lors d'un jet de sept mètres.
Le Français Guillaume Joli, le 17 janvier 2014 au Danemark, lors d'un jet de sept mètres. — JONATHAN NACKSTRAND / AFP

Un duel bien particulier. Le jet de sept mètres, l’équivalent du penalty au football, tient une place à part dans une rencontre de handball. Guillaume Joli, 29 ans, 103 sélections en équipe de France, connaît bien cette singularité puisqu’il est le tireur de penalty officiel chez les Bleus. Ce sera encore le cas lundi contre l'Argentine, en 8e de finale du championnat du monde, au Qatar. La tâche est plutôt ingrate: parfois, il rentre sur le terrain sans préparation, sans avoir foulé le parquet, tout en devant garder sa concentration.

Contre la Suède, samedi, Joli s'en est sorti avec 9 buts en 9 tentatives, sans jouer par ailleurs. «Moi je prends ça comme un jeu, je m’amuse. Je m’entraîne à les tirer à l’entraînement depuis que je suis tout petit, raconte-t-il. Souvent quand on joue en jeune au handball, c’est aux meilleurs de tirer les penalties. Comme j’en faisais partie et que j’étais plutôt en réussite, j’ai continué.»

Doublure de Luc Abalo, finalement forfait, Guillaume Joli est le joker de luxe qui entre rarement. En revanche, dès qu’un penalty est obtenu par ses coéquipiers, c’est lui qui s’y colle, sans hésitation. «Si je dois rentrer en cours de match seulement pour en tirer un, ce n’est pas un problème. Je n’ai pas de préparation spéciale, je reste concentré et j’essaye de me calmer, confie-t-il. Après, je pense à la forme du gardien, à sa manière de bouger et je vois sur l’instant présent. »

Pas question évidemment d’aborder la question sans évoquer les gardiens. Thierry Omeyer, portier de l’équipe de France, en pince également pour cet exercice si spécifique. «Le jet de sept mètres c’est quand même quelque chose d’assez particulier, c'est très psychologique, sourit-il dès qu’on lui en parle. Il faut essayer de rentrer dans la tête du tireur et après, laisser parler son instinct. Des fois, au dernier moment, on va voir un petit geste, un petit regard et si le joueur ne veut pas regarder, c’est déjà qu’il a un peu peur

Guillaume Joli, lui, a trop d'expérience pour avoir peur. «Moi je ne me prends plus la tête là-dessus, il ne faut pas d’ailleurs. Quand on essaie de trop faire en fonction du gardien et de trop préparer, c’est souvent à ce moment-là que l’on rate», s’amuse le tireur d’élite.

Le duel psychologique est au cœur de la bataille. Avec parfois, des coups bas, des coups de vice, du chambrage. Du haut de ses centaines de sélections, Thierry Omeyer connaît la musique. «Un joueur peut réussir ses cinq premiers penalties, mais moi je sais que dans les dix dernières minutes, le ballon va être plus lourd. C’est là où parfois j’arrive à en arrêter. Le joueur doute un peu plus, il se dit voilà j’en ai mis cinq mais c’est vraiment celui-là qui compte. Et là il se plante.»

Ça arrive de se planter. Surtout quand les gardiens passent maître dans l'art de la déstabilisation. «Certains essaient de nous sortir du match, ils nous défient du regard, viennent nous brancher, toucher le ballon, ils ont plein de techniques. Il y en a même un qui a mouillé le ballon avant de me le donner alors vous voyez... c'est le jeu. Avec l'âge et l'habitude, on commence à passer au dessus», s'amuse Guillaume Joli.