PSG: Vous enterrez Zlatan Ibrahimovic? Vous avez (probablement) tort

FOOTBALL L’attaquant parisien est loin de sa meilleure forme…

Romain Baheux

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Zlatan Ibrahimovic lors du match entre le PSG et Evian le 18 janvier 2015.
Zlatan Ibrahimovic lors du match entre le PSG et Evian le 18 janvier 2015. — JEFFROY GUY/SIPA

Il y a d’abord eu la chute de l’empire romain puis la fin de l’Union soviétique. En 2015, les déclinologues de tous poils ont trouvé un nouvel objet d’inspiration avec Zlatan Ibrahimovic. Décevant contre Evian Thonon-Gaillard (4-2), Zlatan Ibrahimovic affiche un niveau loin de ses habitudes ces derniers temps. Il est cependant encore bien trop tôt pour décréter la mort sportive du Suédois. Explications avant la confrontation du PSG avec Bordeaux mercredi en 16e de finale de la Coupe de France.

Parce que sa saison est perturbée par son corps

Il se serait bien passé d'avoir fait connaître la talalgie. Eloigné des terrains près de deux mois à cause de cette inflammation du talon, Zlatan Ibrahimovic n'a pas retrouvé ses extraordinaires standards depuis son retour. «Ce n'est pas une blessure facile à gérer pour un staff car elle n'est pas courante dans le football, explique Nicolas Dyon, ex-préparateur physique de Rennes et de Nice. En plus, elle est survenue alors qu'il sortait de sa période de préparation et comme il est grand et costaud, son corps est soumis à plus de pression qu'un joueur plus petit comme Lacazette.» A écouter Laurent Blanc, son avant-centre ne se plaint plus de son corps ces derniers temps. Reste qu'il doit quand même retrouver ses sensations progressivement alors que le PSG enchaîne les rencontres. «Il va monter en puissance, souligne Nicolas Dyon. En mars, il sera en pleine forme.»

Parce que le reste de l'équipe n'est pas en forme

On veut se focaliser sur Zlatan Ibrahimovic? Très bien, mais regardons d'abord l'état de forme du reste de l'équipe à commencer par la défense. Sur ses deux derniers matchs de championnat, le PSG a encaissé six buts face à des équipes du calibre de Bastia et d'Evian. Au milieu, un cadre comme Thiago Motta réalise une saison bien moins accomplie que celle d'«Ibra». «On se focalise sur lui parce que c'est la star de l'équipe mais il ne faut quand même pas oublier qu'il ne peut pas faire tout seul, souligne son ancien partenaire (2012-2013), l'ex-gardien Ronan Le Crom. Il marque un petit peu moins mais je trouve qu'il fait des mouvements intéressants et se rend disponible pour l'équipe. Il reste une machine à gagner, c'est sa force.» En petite forme, le Suédois a quand même marqué contre Nantes en Coupe de la Ligue avant de délivrer une passe décisive dimanche contre l'ETG.

Parce qu'il sait se gérer

«A l'entraînement, Zlatan travaille beaucoup mais il n'a pas 25 ans et il a aussi besoin de récupérer.» On n'est pas obligé de croire tout ce que dit Laurent Blanc mais difficile de donner tort au technicien parisien sur ce point. Si son jeu n'est pas le plus fatigant du monde, Ibrahimovic (33 ans) vieillit et met plus de temps à se remettre physiquement. Début décembre, Blanc avait choisi de l'économiser et de lui épargner un déplacement à Lille. Avec l'expérience, l'intéressé connaît parfaitement son corps et la manière de se gérer pour être en forme au moment. «C'est un travail très précis. Avec des joueurs d'un certain âge, on fait attention à la charge de travail, explique Nicolas Dyon. On ne peut pas lui imposer la même chose qu'à un jeune joueur à l'entraînement.» En match en revanche, on lui en demandera toujours plus qu'à n'importe qui.