Matchs présumés truqués. Benoit Poulain (ex-capitaine de Nîmes): «Il n’y a jamais eu aucune consigne des dirigeants»

FOOTBALL Benoît Poulain, le capitaine de Nîmes la saison dernière, assure qu’il n’y a jamais eu de consignes pour cela de la part de ses dirigeants avant le match à Caen…

Nicolas Camus

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Benoit Poulain (à gauche), défenseur de Nîmes lors d'un match à Caen, le 13 mai 2014.
Benoit Poulain (à gauche), défenseur de Nîmes lors d'un match à Caen, le 13 mai 2014. — AFP PHOTO/CHARLY TRIBALLEAU

Que s’est-il passé lors du désormais fameux Caen-Nîmes du 13 mai 2014, conclu par un score de parité (1-1)? Ce match de Ligue 2, qui a scellé la montée de Caen et le maintien de Nîmes, est au cœur des soupçons de matchs truqués qui ont conduit aux gardes à vue, notamment, des présidents des deux clubs. Capitaine de l’équipe gardoise la saison passée, Benoît Poulain a disputé ce match en retard de la 28e journée. Contacté par téléphone, il a accepté de répondre, par mail, pour prendre le temps de la réflexion.

«Les deux équipes ont clairement levé le pied après la 60e minute environ, reconnaît celui qui évolue désormais à Courtrai, en Belgique. Nous avons gardé le ballon car nous étions satisfait de ce point du nul et Caen n’essayait pas non plus de nous presser car ce résultat les satisfaisait tout autant. On peut dire que les équipes n’ont pas joué à fond la deuxième mi-temps pour gagner ce match.» Ce type de comportement n’est pas une première dans le football - dont le point d’orgue est sans conteste le «match de la honte» entre la RFA et l’Autriche lors du Mondial 1982 -, mais rares sont ceux qui acceptent de l’admettre.

Il assure que rien n'était prémédité

Cependant, pour Benoît Poulain, rien n'était prémédité entre Caennais et Nîmois. «Je tiens à préciser qu’avant, pendant et après le match, il n’y a jamais eu aucune consigne ou allusion des dirigeants du Nîmes Olympique pour arranger ce match ou le jouer différemment», assure-t-il. Selon les informations de France 3, l'arrangement qui serait révélé par les écoutes des dirigeants se serait matérialisé par la livraison, à la mi-temps, de caisses de vin dans le vestiaire caennais par le club gardois.

Malgré son statut dans le vestiaire, l’ancien capitaine affirme qu’il n’avait pas de liens particuliers avec ses dirigeants. «Je les connaissais peu puisqu’ils ont repris le club seulement quelques semaines avant les matchs en question, rappelle-t-il. Je suis très surpris de la sortie de cette affaire. Aujourd’hui, j’ai surtout une grosse pensée pour les supporters et pour les employés du club, qui doivent être inquiets.» Depuis la Belgique, il suit les rebondissements de cette affaire de très près.