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JO 2024: «Des Jeux à Paris, c’est un appel économique pour toute la France»

JO 2024: «Des Jeux à Paris, c’est un appel économique pour toute la France»

OLYMPISMELe CNOSF tente -difficilement- de convaincre les pouvoir publics qu’une candidature de Paris aux Jeux Olympiques est viable financièrement…
Julien Laloye

J.L.

Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, n’était pas là, retenu par une mission présidentielle avec François Hollande au Canada. Anne Hidalgo non plus. La maire de Paris s’est fait représenter par son adjoint, qui n’a pas pris la parole. Nathalie Ianetta avait une place réservée au premier rang, mais même le siège de la conseillère aux Sports de l’Elysée est resté vide. Et si ça ne suffisait pas à faire comprendre à l’assistance de «ce point d’étape» sur une éventuelle candidature de Paris aux JO 2024 le tout petit entrain du monde politique à soutenir ledit projet, la lecture du communiqué du ministre des Sports a dissipé tous les doutes.

«Il y a un certain nombre de réticences avec Anne Hidalgo»

«Les tentatives précédentes ont pu échauder, mais je laisse le mouvement sportif rassembler les Français et susciter l’adhésion de la population. L’Etat promouvra et assumera la décision que vous pourrez prendre». Comprendre, ne comptez pas sur nous pour impulser quoi que ce soit. «Il y a un certain nombre de réticences avec la ville», reconnaît Bernard Lapasset, à la tête de ces ateliers thématiques du Comité national olympique visant «à étudier l’opportunité» d’organiser des Jeux en France. «J’ai rencontré Anne Hidalgo, ce ne sont pas des réticences de blocage, même si on constate une absence d’adhésion totale.» Quant à François Hollande, le décideur final sur le dossier, «il suit le dossier, mais attend la fin de notre travail pour se prononcer».

C’est prévu pour fin janvier, quand le CNOSF remettra aux pouvoirs publics une liste de 40 propositions censées mettre la candidature parisienne sur les rails, alors qu’une décision définitive doit être prise à l’été 2015. Pour aller jusque-là, il faudra persuader que le projet ne ruinera ni Paris, ni sa région, ni l’Etat, en dernier recours. Dans la manche de Bernard Lapasset, une réforme du CIO prévue pour décembre qui devrait changer en profondeur la procédure de candidature à des Jeux. «Il s’agira d’inviter à la discussion et à une meilleure prise en considération des souhaits des villes candidates, avance Guy Drut, membre du CIO.» En clair, revoir le cahier des charges à la baisse pour encourager les volontaires.

«Faire preuve de sobriété dans notre projet»

«L’accent sera mis sur les possibilités d’équipements temporaires moins chers, ajoute Tony Estanguet, lui aussi membre du CIO. A nous d’être malins et de faire preuve de sobriété dans notre projet». L’exemple à suivre ? Londres et ses 18 milliards d’euros de retombées économiques, lesquelles ont déjà permis d’amortir le coût d’organisation des JO 2012, selon les autorités britanniques. «18 milliards, dont la moitié a profité au reste de la Grande-Bretagne et pas juste à Londres, rebondit Lapasset. L’appel des JO, c’est aussi un appel économique pour tout un pays». Pour l’instant, l’argument à du mal à convaincre.