Ligue 1: Au PSG, Jean-Christophe Bahebeck n’a rien volé

FOOTBALL L’attaquant formé au PSG devrait être titulaire samedi face à Bordeaux en Ligue 1…

B.V.

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Le Parisien Jean-Christophe Bahebeck lors du Trophée des champions remporté contre Guingamp (2-0), le 2 août 2014 à Pékin.
Le Parisien Jean-Christophe Bahebeck lors du Trophée des champions remporté contre Guingamp (2-0), le 2 août 2014 à Pékin. — GREG BAKER / AFP

«Je rêve de jouer dans cette équipe du PSG, je souhaite prendre plus d’expérience et montrer que je suis capable de jouer dans cette équipe.» Lorsqu’il nous donnait cette interview il y a plus d’un an, Jean-Christophe Bahebeck avait l'air d’être ce gentil gamin un peu naïf dont on ne veut pas briser le rêve mais à qui l’on aimerait faire comprendre que c’est dur, la vie, quand même. Douze mois plus tard, en l’absence d’Ibrahimovic et de Cavani, c’est pourtant lui qui devrait être aligné en pointe de l’attaque parisienne face à Bordeaux, samedi au Parc des Princes. Et il ne pas l’a pas volé.

Résumons: lancé dans le PSG ante QSI par Antoine Kombouaré en 2011, l’espoir du centre de formation parisien est ensuite parti s’aguerrir dans des prêts moyennement réussis à Troyes puis Valenciennes pendant que le nouveau propriétaire qatari recrutait de la star par paquet de douze. Dire qu’on l’imaginait mal faire son trou dans ce PSG dream-team, à 21 ans, est un doux euphémisme. «Il partait de très loin, il a douté, tout le monde le voyait sur le départ à 200%, raconte son demi-frère Rosère Manguélé. Mais il a toujours voulu montrer qu’il n’était pas là par hasard. Il s’est battu pour cette place, il s’est accroché, a montré un état d’esprit irréprochable qui a plu au staff. Et à chaque fois qu’il a joué, il a apporté quelque chose.»

«Si Zlatan me parle, c’est que j’existe»

En l’occurrence, un but et deux passes décisives en Ligue 1 après avoir été le meilleur scoreur de l’avant-saison parisienne. Ce ne sont pas encore des stats à la Ibrahimovic mais ça suffit au moins à se faire chambrer par le Suédois dans le vestiaire. «C’est bon signe, poursuit Manguélé, lui aussi joueur à Chambly en National. Il me disait l’autre jour: "Le fait que Zlatan me parle, ça veut dire que j’existe. Je sais que je suis derrière eux, mais je suis là quand même." Il est un joueur de l’effectif du PSG, il n’est pas juste là pour faire le nombre.»

Pour y arriver, il n’a rien forcé. Décrit comme réservé et observateur, Bahebeck vit toujours avec ses parents, prend souvent des nouvelles de son premier club (l’US Persan en Seine-et-Marne) et n’est pas du genre à dévisser les salières à la cantine pour gratter l’amitié. Il s’est intégré petit à petit, a fait de son mieux avec ce qu’on lui a donné. Sans rien demander, lui –«dans cette équipe-là, avoir le même temps de jeu que Rabiot l’an passé serait déjà génial» souffle son frère– mais en clamant son amour pour le PSG. «Ce club, c’est tout pour moi, c’est grâce à lui que je suis devenu pro», sourit-il en rêvant encore d’«Arteta, Hugo Leal ou Jay-Jay Okocha». Et c’est sans doute pour ça qu’il s’est autant accroché au rêve d’y jouer.