Ligue 1: Samuel Umtiti estime que «Lyon n’a rien à envier à l’OM»

FOOTBALL Entretien avec le défenseur lyonnais avant le choc de dimanche entre les deux Olympiques…

Propos recueillis par Julien Laloye

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Samuel Umtiti, le 21 septembre 2014 au Parc des Princes.
Samuel Umtiti, le 21 septembre 2014 au Parc des Princes. — JEFFROY GUY/SIPA

Emporté par la vague de blessures qui a décimé l’OL en début de saison, Samuel Umtiti est revenu en forme en même temps que son équipe, passée en un mois de relégable en phase terminale à rival potentiel de l’OM et du PSG pour le podium. Préparation physique, potentiel du club, plan de carrière, le défenseur lyonnais se confie à 20 Minutes avant le choc de dimanche.  

La dernière fois que l’OM avait gagné huit fois d’affilée, c’est l’OL qui avait mis fin à sa série. Pensez-vous que ça peut se reproduire dimanche?

Sur les derniers matchs, je trouve qu’on n’a rien à leur envier. Il y a un bel état d’esprit, on joue bien au football, il faut juste le faire sur plusieurs matchs. C’est ce qui nous a manqué par rapport à l’OM sur le début de saison. Les Marseillais sont forts, mais il faut bien les prendre à un moment ou un autre (rires)!

Pourtant, l’OL était encore relégable en septembre. Comment expliquer ce redressement si rapide?

Il y a eu une grande discussion avec le staff pendant la trêve internationale de septembre. On a beaucoup échangé sur ce qu’on avait fait pendant la préparation au niveau physique. Il y a eu une remise en cause de tout le monde, et je pense que ça a porté ses fruits. On a beaucoup plus travaillé ensuite.

Maxime Gonalons a évoqué une préparation «inadaptée au haut niveau». C’était ça le problème?

Il a fallu s’adapter à un nouveau fonctionnement, Robert (Duverne) avait le sien. C’était aussi à la nouvelle équipe de bien nous faire passer les massages. On nous a demandé notre ressenti, on l’a donné. On s’est basé sur ce qui nous plaisait chez Robert Duverne, et on a discuté. Maintenant, tout le monde adhère au projet.

En même temps que ses blessés, l’OL a retrouvé sa qualité de jeu. C’est plaisant, vu de derrière?

Nous, on veut gagner avec la manière. Il n’y a pas de secrets, les équipes qui gagnent jouent bien au football. C’est sûr que ça nous expose davantage, et que parfois on manque de rigueur derrière, mais notre jeu doit être porté vers l’avant.

Jusqu’où peut aller l’OL cette saison?

On peut faire quelque chose de bien. Beaucoup de jeunes ont débuté ces dernières années, mais on commence à avoir de l’expérience. Si on parvient à éviter les fautes de concentrations, l’Europe est accessible. Une place dans les trois premiers, ce serait bien pour le club.

Et les prochaines? Voyez-vous Lyon redevenir un rival crédible du PSG sur le long terme?

C’est sûr qu’on ne peut pas se comparer au PSG pour l’instant. L’an prochain le nouveau stade sera fini, financièrement on sera mieux, j’espère vraiment qu’on aura plus de moyens. En tout cas on est sur le bon chemin.

Cela pourrait influer sur vos choix de carrière?

Je ne peux pas me projeter. On ne sait pas de quoi sera fait l’avenir. C’est vrai qu’il y a un bon groupe, qui se connaît depuis longtemps, mais ça reste des choix individuels. Ce n’est pas parce que des «potes» comme Maxime (Gonalons) restent au club qu’on va tous rester. Chacun a ses objectifs de carrière.

Quels sont les vôtres? Estimez-vous avoir fait le tour de la question à l’OL?

Je suis encore jeune, à certains moments on peut l’oublier, même si c’est allé vite pour moi. Je suis à ma place à Lyon, mais je suis très exigeant avec moi-même et il me reste un cap à passer. Il me manque encore de la constance au cours d’un même match et de la régularité sur plusieurs mois.

C'est la condition pour devenir un grand défenseur de niveau international?

J’ai beaucoup de temps jeu pour mon âge, mais je pense qu’un défenseur doit être le patron quand il joue. Je suis vraiment un leader à la base, même avant les matchs, je parle beaucoup, j’aime bien conseiller. Quand il y a des choses qui ne me plaisent pas sur le terrain, ça ne me gêne pas de le dire. Ma progression passe aussi par là.