Nicolas Batum: «A partir des demi-finales j’ai senti que je devais prendre les choses en main»

BASKET L'ailier de l'équipe de France, nommé dans l'équipe type du Mondial de basket, est fier d'avoir su prendre ses responsabilités quand les conditions l'imposaient...

Propos recueillis par Nicolas Camus
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Nicolas Batum à Paris le 15 septembre 2014.
Nicolas Batum à Paris le 15 septembre 2014. — ZIHNIOGLU KAMIL/SIPA

Et dire qu’il a failli ne pas participer à ce Mondial. «Ça aurait été une énorme erreur», en sourit-il ce lundi, alors que des centaines de fans se sont massés sur les Champs-Elysées pour fêter la 3e place de l’équipe de France. Finalement présent en Espagne sur les conseils de sa mère, Nicolas Batum en a ramené non seulement une médaille de bronze mais aussi un moral gonflé à bloc. Auteur de deux derniers matchs monstrueux (35 points en demi-finale contre la Serbie, 27 face à la Lituanie lors du match pour la 3e place), il a terminé meilleur marqueur des Bleus (près de 15 points de moyenne par match) et gagné sa place dans l’équipe type de la compétition. Morale de l’histoire? «Il faut toujours écouter sa maman», admet l’ailier de Portland.

Que pensez-vous de l’accueil que les supporters vous ont réservé?

Ça fait très plaisir, ce retour à la maison fait du bien. On a reçu énormément de messages pendant la compétition, dans la victoire comme dans la défaite. Les gens nous ont toujours encouragés et poussés à ne pas baisser les bras. Ça nous a vraiment aidés pour aller chercher la médaille.

Que signifie pour vous cette médaille de bronze?

On faisait partie des meilleures équipes européennes, on a prouvé que c’était aussi le cas au niveau mondial. Il y avait quand même du beau monde sur cette compétition. C’est la confirmation que la France est une grande nation de basket.

Qu’est-ce que ça fait d’avoir été nommé dans le cinq majeur de la compétition?

Je ne m’en doutais pas forcément. Je n’ai fait que deux très bons matchs. Enfin, je n’ai pas fait un bon premier tour surtout. Ensuite j’ai essayé d’élever mon niveau sur les matchs couperets. C’est une fierté, être dans le 5 majeur d’un Mondial de basket, ce n’est pas n’importe quoi. C’est une belle satisfaction personnelle.

Avez-vous senti un déclic contre la Serbie, malgré la défaite, pour devenir définitivement un pilier de cette équipe?

Sûrement, oui. Il y a eu pas mal de débat autour de ça. Sur les premiers matchs, j’étais plus dans le collectif. J’ai senti en demi-finale qu’il fallait prendre un rôle, montrer la voie. J’ai essayé de le faire à la fin de ce match et surtout j’ai pris les choses en main dès le début de celui pour la 3e place. Oui, c’est un truc que je vais devoir faire plus tard. Tony va revenir, donc ça va être différent, mais je dois me servir de ça.

Pourquoi ne pas l’avoir fait dès le début?

Au départ, j’ai senti de grosses défenses autour de moi. Donc naturellement, comme je le fais depuis tout petit, je n’ai pas forcé le jeu. Je ne le ferai jamais d’ailleurs. J’ai 11 mecs avec moi qui savent jouer au basket. Si je peux trouver des décalages et trouver des shoots ouverts pour les autres, je le fais. En plus l’adresse n’était pas là [1 sur 16 à trois points avant la demie]. On bat la Serbie comme ça, on ne perd que de deux points contre le Brésil, on bat la Croatie, l’Espagne. Ça ne sert à rien de forcer le jeu! Pourquoi je le ferais? Ça n’avance à rien de partir dans des un contre deux ou un contre trois… Par contre, à partir des demi-finales j’ai senti que je devais prendre les choses en main.

Comment s’est faite cette prise de conscience?

On n’avait pas le choix. Je n’avais pas envie de perdre ce match-là, Je voulais juste avoir le ballon en main et montrer aux autres qu’il ne fallait pas perdre ce match. J’ai voulu montrer la voie. Malheureusement, on a été un peu courts.

Vous vous êtes dit quoi après la demi-finale?

Qu’on ne repartirait pas sans rien, qu’on devait se remobiliser à tout prix. Et on a su le faire.

Vous serez favoris lors du prochain Euro à la maison...

Ça fait très longtemps qu’une équipe n’a pas gagné un Euro à la maison, depuis 1993 je crois [Allemagne]. Même l’Espagne en 2007 ne l’a pas fait avec une grande équipe. On sait quelle pression ça peut être. A nous de la gérer et de gagner cet Euro. On est champions d’Europe en titre et médaillés mondiaux, on sera l’équipe à abattre. Tout le monde voudra notre peau.