Ligue 1: Pour Gervais Martel, «il est impossible que l'argent n'arrive jamais»

FOOTBALL Le président du RC Lens se dit confiant sur l'avenir de son club même si Hafiz Mammadov, le propriétaire azéri du Racing, n'a toujours pas honoré ses engagements financiers cette saison...

Francois Launay

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Le président du Racing Club de Lens, Gervais Martel.
Le président du Racing Club de Lens, Gervais Martel. — M.Libert/20 Minutes

Silencieux depuis plusieurs semaines, Gervais Martel, le président du RC Lens, a décidé de mettre un terme à son abstinence médiatique et de répondre aux inquiétudes de ses supporters. S’il n’a toujours pas reçu les 4 millions d’euros promis par Hafiz Mammadov, homme d’affaires azéri et propriétaire du club, le dirigeant reste confiant sur une évolution positive de la situation.

Il y a beaucoup d’inquiétudes autour du RC Lens ces dernières semaines. Qu’en est-il réellement?

Aujourd’hui, force est de constater que l’argent n’est pas là mais je ne suis pas resté le cul sur la chaise en attendant que ça bouge. C’est en train de bouger en liaison avce Hafiz Mammadov qui a des problèmes en Azerbaïdjan. Mais j’ai aussi pris contact avec des responsables du pays pour savoir comment ça pourrait évoluer. Aujourd’hui, on est dans une situation que je n’avais pas du tout prévu. Mammadov a mis 20 millions d’euros l’an dernier. Sans lui, il n’y aurait plus de club. Il s’était engagé pour cette saison mais il a eu des problèmes depuis. Ses actifs sont bloqués en Azerbaïdjan. Mais lui ou des responsables de l’Etat feront face à leurs obligations vis-à-vis du club. C’est pour ça que je n’ai aucune inquiétude sur le moyen et long terme. Il n’y aura pas de dépôt de bilan. Mais il faut aller le plus vite possible pour renforcer l’équipe et se maintenir.

Quelles sont vos relations avec Hafiz Mammadov?

Je l’ai deux à trois fois par semaine au téléphone. Contrairement à ce que les gens disent, on a une bonne relation. S’il veut se séparer de moi, ça prend une minute. Il le dit aux juristes et je pars avec mes valises. Tout ça, ce sont des rumeurs.

L’argent peut-il ne jamais arriver?

C’est impossible. Que l’argent n’arrive pas par Mammadov, c’est possible mais l’argent arrivera quoi qu’il arrive via l’Etat d’Azerbaïdjan. On a une caution bancaire de la banque du pays. Si l’argent n’arrive pas d’ici la fin octobre mes juristes envoient une lettre à la banque et ils ont cinq jours pour faire le virement. Sinon on passe devant un tribunal financier international.

Mammadov peut-il se désengager du club?

Je n’y crois pas. Quand l’Azerbaïdjan investit sur le sportif, il le fait en connaissance de cause. Ils auront un Grand Prix de Formule 1 en 2015 et ils se sont portés candidats pour accueillir l’Euro 2020. Hafiz Mammadov est propriétaire de Lens et je reste extrêmement confiant. Même si je suis perturbé car l’argent n’est pas arrivé en temps et en heure. On n’a pas pu recruter et c’est du gâchis. Maintenant, le gâchis doit s’arrêter pour qu’on réussisse notre saison. Je suis perturbé mais il y a de fortes chances qu’il y ait de bonnes nouvelles dans les jours ou les semaines qui viennent.

Qui a intérêt à porter atteinte au RC Lens?

Ce n’est pas porter atteinte mais il y a beaucoup de gens qui parlent à tort et à travers. Certains veulent exister dans la lucarne médiatique car Lens est le cinquième ou sixième club français en termes de popularité. Mais je me fous de ce que les gens disent. J’aurais trente ans, je serais peut-être allé m’expliquer avec eux. Mais je vieillis. Je vais avoir soixante ans; Je garde le même punch pour mon club mais j’ai autre chose à faire que de répondre à tout le monde. Je suis concentré pour que le club réussisse sa saison sportivement. Je pense que les choses vont avancer avant le mercato hivernal.