Championnats du monde de basket: «Je ne suis pas sûr qu'on soit capable de refaire» le match de l’Espagne, estime Vincent Collet

BASKET Le sélectionneur des Bleus a des réserves sur le niveau de son équipe…

avec AFP

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Le sélectionneur de l'équipe de France de basket, Vincent Collet, après la victoire contre l'Espagne, en quart de finale des mondiaux 2014.
Le sélectionneur de l'équipe de France de basket, Vincent Collet, après la victoire contre l'Espagne, en quart de finale des mondiaux 2014. — D. OCHOA DE OLZA/AP/SIPA

Vincent Collet, le sélectionneur de l'équipe de France messieurs de basket, a avoué qu'il réaliserait un «rêve de gosse» en cas de victoire sur la Serbie en demi-finales de la Coupe du monde vendredi à Madrid et de finale face aux Etats-Unis.

L'éventualité d'une finale contre les Etats-Unis va-t-elle peser sur les esprits?
C'est loin, parce qu'il y a un adversaire redoutable devant nous. Par contre, je pense que c'est un élément de motivation supplémentaire pour y parvenir. Parce que dans la vie d'un basketteur, c'est quelque chose d'exceptionnel. En tout cas moi, c'est quelque chose qui me tient particulièrement à coeur. C'est un rêve de gosse. Quand j'avais dix ans, quand je jouais dans ma cour avec mon panier tout seul, je m'imaginais jouer contre les Etats-Unis en finale de quelque chose. Que ce soient les Jeux ou la Coupe du monde. Donc, avoir ça en ligne de mire, c'est effectivement quelque chose d'énorme. Mais pour le mériter, il faudra battre les Serbes et ça ne va pas être simple.

Comment gère-t-on ces 48 heures avant la demi-finale?
Il faut atterrir vite, c'est important. Car il faut très vite reprendre le chemin qu'on a emprunté hier (mercredi contre l'Espagne). Il n'y en a pas d'autre. Même si le match va être différent -la Serbie a d'autre caractéristiques que l'Espagne- il faut absolument qu'on soit capable de reproduire la façon de faire d'hier en termes d'abnégation, de discipline. Il faut oublier le résultat d'hier, mais ne surtout pas oublier le mode d'emploi. Pour aller en finale, il va de nouveau falloir refaire un match de très haut niveau. Ce que les Serbes ont montré contre les Grecs et les Brésiliens, c'est également remarquable. Il ne faut pas se leurrer, ils sont sur une pente ascendante et beaucoup plus forts que ceux qu'on a battus difficilement au premier tour à Grenade. Donc, il va falloir qu'on soit vraiment prêt. On les avait battus, et le refaire dans la même compétition à huit jours d'intervalle, c'est toujours très difficile.

Pensez-vous que votre équipe a été sous-évaluée?
C'est toujours difficile à dire. On n'avait pas montré jusque-là ce niveau-là. Qui pouvait penser qu'on pouvait le faire? C'est facile à dire maintenant que c'est fait. On a été capable de le faire une fois, mais ne croyez pas aujourd'hui que ce soit notre niveau. Pour que ce soit notre niveau de performances, il faut qu'on le refasse demain et après-demain et ainsi de suite. Je ne suis pas sûr qu'on soit capable de le refaire.

Quel regard portez-vous sur cette équipe de Serbie?
C'est un peu le renouveau du basket serbe. Ils ont eu deux ou trois années difficiles, même si l'an passé ils avaient déjà commencé à montrer des choses avec leurs jeunes. Ce qui m'impressionne surtout, c'est la façon dont ils sont montés à partir des huitièmes de finale. Le match contre la Grèce était de très haut niveau. Ils ont aussi des jeunes qui arrivent. Ils ont un équilibre entre des joueurs hyper talentueux et des soldats.

Avez-vous été surpris du comportement de vos jeunes joueurs mercredi?
On a toujours des doutes, des craintes, des espoirs. Effectivement, ils ont été là au bon moment. Maintenant, le sport c'est la capacité à le faire de manière récurrente. Demain (vendredi), il y a une autre échéance. Elle est très rapprochée et on a à peine le temps de savourer qu'il faut déjà retrouver les bons fondamentaux pour pouvoir répondre présent. Mon équipe qui, jusque-là, avait des problèmes de discipline, d'écoute -mais jamais d'envie de bien faire-, a fait hier un effort considérable à ce niveau là. Mais est-ce qu'on va être capable de le refaire? C'est le challenge pour nous.