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Luzenac: «On nous prend pour des bouseux»

Luzenac: «On nous prend pour des bouseux»

FOOTBALLPrésent au sein du petit club ariégeois depuis 54 ans, le vice-président Henri Lacaze réagit avec vigueur au destin funeste du LAP…
Nicolas Stival

Propos recueillis par Nicolas Stival

Retour vers le vingtième siècle. Pour la première fois depuis 2000, Luzenac, recalé de la Ligue 2, puis du National, va évoluer au niveau régional. Plus précisément en Division d’honneur régionale (DHR), la septième division. Personnalité incontournable du club ariégeois depuis qu’il y a signé sa première licence de joueur, en… 1960, Henri Lacaze est consterné, mais pas surpris. L’ancien président, aujourd’hui vice-président de l’association, résume le sentiment de nombreux habitants de ce petit village de 650 habitants.

Comment réagissez-vous à la triste fin du feuilleton Luzenac?

C’est consternant. On nous prend pour des bouseux. C’était pipé d’avance. A partir du moment où Châteauroux était repêché, il n’y avait plus d’espoir. On a alors compris que nous étions de trop, que nous n’avions pas le calibre pour alimenter les caisses de la LFP.

Vous sentiez donc venir cet épilogue malheureux…

Oui. Nous représentons une certaine forme de football qui n’a plus cours. Je le répète, c’est consternant pour le football amateur, la morale. Mais aussi pour le département de l’Ariège. Le conseil général était prêt à débloquer l’argent pour un nouveau stade. De toute manière, dès la première réunion avec la Ligue qui a suivi le premier appel du LAP, on a pu entendre cette phrase: «Mettez les assez bas pour qu’ils ne puissent plus nous emmerder!»

Selon vous, la LFP aurait dû vous aider…

Oui. Nous étions un peu légers parfois, comme l’a reconnu Fabien Barthez. Mais nous n’avions pas l’habitude du professionnalisme! On va moins chercher des crosses en Corse. Là, c’était trop facile d’enfoncer un petit club.

Comment a été ressenti ce feuilleton à Luzenac?

Pour tout le monde ici, c’est une sanction, un déshonneur. Nous ressentons cela comme une blessure. C’est catastrophique sur le plan de la morale et de l’éthique.