OM : Pourquoi les conférences de presse de Marcelo Bielsa sont les plus ennuyeuses (ou les plus drôles) du monde

FOOTBALL Le nouvel entraîneur argentin de l'OM n'est pas un passionné de l'exercice et il ne se cache pas pour le montrer...

Camille Belsoeur, à Marseille

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Marcelo Bielsa en conférence de presse après le match Bastia-OM le 9 août 2014.
Marcelo Bielsa en conférence de presse après le match Bastia-OM le 9 août 2014. — PASCAL POCHARD CASABIANCA / AFP

Depuis l'arrivée à Marseille au début de l'été d'«El Loco» Bielsa, le centre d'entraînement Robert Louis-Dreyfus s'est transformé en bunker. Seulement de très rares séances sont ouvertes au public et à la presse, et aucun entretien individuel n'est accordé par l'entraîneur argentin. Ce dernier, pas vraiment à l'aise avec la presse, a pourtant lâché mercredi à la Commanderie une petite phrase qui prête à sourire: «Il faut savoir que j’attache énormément d’importance à la bonne relation avec les médias», a en effet déclaré Bielsa. Pourtant, l'ex-sélectionneur de l'Argentine, fait tout pour rendre ses apparitions publiques les moins attrayantes possibles. Ce qui rend le résultat parfois humoristique. 

1- Le regard baissé

Face à son auditoire à Marseille, Marcelo Bielsa affiche toujours une attitude renfermée. Dès son arrivée en salle de presse «El Loco» a le regard baissé et ne lève pas les yeux une seconde jusqu'à sa sortie de l'auditorium, se contentant de fixer son pupitre même pour échanger avec son traducteur. Surtout il ne répond jamais aux «Buenos dias senor» lancés à son égard, et prend un malin plaisir à ne pas afficher le moindre sourire pendant toute la durée de son discours.

2- Des réponses fuyantes

Dès sa première conférence de presse, le nouvel entraîneur de l'OM avait donné le ton de manière magistrale. «Pour être écouté il ne faut pas beaucoup parler. J'en veux pour exemple la chef du service de l'hôpital pour enfant de Rosario qui ne parle presque pas mais qui est un leader monumental. Ce sont les gens comme elle qu'il faut écouter. Nous, nous parlons depuis 45 minutes pour ne rien dire», avait-il balancé aux journalistes présents. Mais dès qu'on l'interroge sur un joueur en discussion avec l'OM ou son rapport avec les dirigeants, Bielsa «ne peut rien dire.»

3- Une armée mexicaine de traducteurs

Marcelo Bielsa use des traducteurs comme certains collectionnent les modèles d'Iphone. Depuis le début de saison pas moins de cinq d'entre eux se sont mis au service d'«El Loco», sans vraiment lui donner satisfaction donc. Franck Passi, adjoint hispanophone de Bielsa s'était le premier collé à la tâche, avant de déclarer au bout de 15 minutes: «je suis perdu là.» Pas facile en effet de suivre l'ex-entraîneur de Bilbao dans ses tirades parfois sans fin. Mais la palme de la meilleur histoire, revient au directeur de l'hypermarché d'Yffiniac dans les Côtes d'Armor, qui avant Guignamp-Marseille samedi dernier, a été appelé d'urgence pour traduire les propos du coach olympien. «J'ai d'abord cru à une blague», confia José Bielva après cette expérience surprenante. 

4- Un ton professoral

«Je comprend que mon discours peut parfois être monotone», expliquait Marcelo Bielsa mercredi à la Commanderie après une longue réponse sur l'importance de la notion de plaisir dans le football. Effectivement, avec son ton extrêmement monocorde et ses longues réponses dans lesquelles il noit le poisson, «El Loco» ne fait pas vraiment de folies. Il l'avoue d'ailleurs lui-même: «Il y a la possibilité de faire passer des messages. Mais ces messages n’arrivent pas car je réponds à la question qui m’est posée mais en la noyant sous un flo de paroles et les journalistes ne me demandent pas de préciser.» Difficile quand tout dialogue est coupé.