VIDEO. Brésil-Allemagne: Mais comment la Seleçao a pu se prendre une telle déculottée?

FOOTBALL L’humiliation du Brésil était difficile à prévoir…

B.V. à Belo Horizonte

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Un joueur brésilien au sol après la défaite face à l'Allemagne, le 8 juillet 2014
Un joueur brésilien au sol après la défaite face à l'Allemagne, le 8 juillet 2014 — Francois Xavier Marit/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Belo Horizonte (Brésil),

Bien sûr, l’Allemagne a bien joué. Sur 30 minutes, elle a peut-être même pratiqué le meilleur football de son histoire. Pressing, réalisme, solidité défensive, qualité technique, circulation de balle. D’accord. Il n’empêche, ce match restera plus la défaite du Brésil que la victoire de l’Allemagne. Parce que c’est surtout la Seleçao qui s’est noyée toute seule, comme une grande. Pourquoi?

 

Une équipe relativement faible

Sur le papier, l’équipe du Brésil face à l’Allemagne était assez faible. Un gardien qui joue aux Etats-Unis (Julio Cesar), un latéral droit quasiment retraité (Maïcon), un milieu de terrain assez peu coté (Luiz Gustavo), un ancien remplaçant de Lyon en attaque (Fred): cette équipe manquait de qualité pure. Surtout avec les absences de ses deux meilleurs joueurs, Thiago Silva (suspendu) et Neymar (blessé). Leurs remplaçants, Dante, Bernard ou Hulk, ont été en dessous de tout. Ajoutez à ça des lacunes tactiques ahurissantes (le latéral Marcelo a été pris dans son dos 145 fois dans ce match, à peu près), et il devient plus simple de comprendre la supériorité d’une Allemagne plus complète et intelligente.

Un parcours douteux

Loin de nous l’idée de dire qu’il y avait des signes avant coureurs, personne ne pouvait prévoir un tel score. Mais sur son parcours depuis le début du Mondial, le Brésil ne partait pas favori dans cette rencontre. Gêné par la Croatie, il n’aurait pas gagné sans l’aide de l’arbitre. Tenu un échec par le Mexique, il aurait pu perdre. Miraculé en huitièmes de finale face à Chili, il a eu besoin des tirs au but pour s’en sortir. Et face à la Colombie, en quart, il marque deux fois sur coups de pied arrêtés avant de résister trente minutes la tête sous l’eau en fin de rencontre. Dans sa Coupe du monde, jamais le Brésil n’a impressionné. Pire: jamais il n’a bien joué. Ce sont ses joueurs importants (Neymar, Silva, Luiz) qui lui ont permis d’aller jusqu’en demi-finale. Mais quand deux ne sont plus-là…

Une pression trop importante

La France en 1998 reste le dernier vainqueur d’une Coupe du monde à domicile. Comme si le poids de l’organisation était devenu trop lourd à porter sur les épaules. Déjà face au Chili, après la séance de tirs au but, de nombreux joueurs ont fondu en larme, preuve d’une fragilité émotionnelle hallucinante. Le staff n’a pas aidé en leur montrant avant la rencontre des vidéos d’enfants ayant survécu à d’énormes coulées de boue dans Rio en 2011. En scénarisant jusqu’à l’overdose la blessure de Neymar – 60.000 masques ont été distribués dans le stade de Belo Horizonte, et David Luiz, le capitaine, portait le maillot du N°10 lors des hymnes -, les joueurs se sont rajoutés un fardeau supplémentaire. «Remettons ça dans le contexte, le Brésil était sous une pression incroyable, je me souviens de la demi-finale de 2006…», défend Joachim Löw, qui a vécu pareille désillusion il y a huit ans, à domicile. Le Brésil devait gagner sa Coupe du monde, chez lui, pour justifier l’organisation d’un événement que son peuple ne désirait pas vraiment. C’était trop.