VIDEO. France-Allemagne 1982: La rencontre de légende racontée par ses acteurs

FOOTBALL Plongée dans les moments clé qui ont rendu ce match inoubliable...

Nicolas Camus (Jonathan Duron pour les vidéos)
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La joie d'Alain Giresse après son but en prolongations lors de la demi-finale du Mondial 1982 France-Allemagne, le 8 juillet 1982.
La joie d'Alain Giresse après son but en prolongations lors de la demi-finale du Mondial 1982 France-Allemagne, le 8 juillet 1982. — capture d'écran 20 minutes

L’attentat d’Harald Schumacher sur Patrick Battiston, la course folle d’Alain Giresse après son but en prolongations, Maxime Bossis complètement hagard après son tir au but raté… Evidemment, la demi-finale de la Coupe du monde 1982 entre la France et l’Allemagne, à Séville, renvoit toujours aux mêmes images. On a beau les voir et les revoir, la fin ne change jamais. Les émotions qu’elles procurent non plus. «Celui qui n’a jamais vu ce match n’a jamais vu un match de football. Celui qui n’a jamais vu ce match n’a jamais vu un match de Coupe du monde, a dit un jour Michel Platini. Aucun film au monde, aucune pièce ne saurait transmettre autant de courants contradictoires, autant d'émotions que la demi-finale perdue de Séville.» Le résumé est parfait. Ce match de légende, ce sont les acteurs qui le racontent le mieux.

L’avant-match et la première période. Littbarski ouvre le score, Platini répond.
L’équipe de France aborde cette demi-finale gonflée à bloc. Elle vient de battre l’Autriche (1-0) et l’Irlande du Nord(4-1) pour sortir de sa deuxième phase de poule. «Sans hésiter, j’aligne la même composition que contre l’Irlande du Nord. Dans le vestiaire, silence de cathédrale. L’émotion est palpable jusque dans les regards. Entre eux, les joueurs se parlent, tranquillement, sereinement, pas de cris de guerre», se souvient le sélectionneur Michel Hidalgo dans ses Carnets secrets sortis en 2012. Il poursuit: «Quand Littbarski ouvre la marque, je ne panique pas. Les Bleus encore moins. Gigi me jette un regard. Pas d’affolement. Les garçons restent concentrés. Sur notre égalisation, il y a tout. L’extérieur pied droit de Giresse sur le coup franc, la remise aérienne de Platini et la roublardise de Rocheteau, qui prend Stielike de vitesse.» Penalty, transformé par Platoche.


France-Allemagne 82 - Une première période... par 20Minutes

Deuxième période. Harald Schumacher envoie Patrick Battiston à l’hôpital
Depuis son match d’ouverture raté contre l’Angleterre, Patrick Battiston est remplaçant. Assis sur le banc, il observe les débats et remarque quelque chose d’intriguant. «Je me souviens d'avoir fait la réflexion à Christian Lopez: "T'as vu, le gardien chez eux, il est chaud, agressif, c'est étonnant, il est excité !"», révèle-t-il dans une interview à L’Equipe le 8 juillet 2012. Puis Bernard Genghini se blesse et il entre en jeu au milieu de terrain, lui le défenseur. A la 57e minute, Michel Platini le lance plein axe et il se retrouve en face-à-face avec le gardien allemand, Harald Schumacher. « Depuis mon entrée, je suis hyper à l’aise. Oui, un rêve. Je réussis tout. Je me sens tellement bien, libre, dans un état qui me permet tout. J'y vais [sur le ballon de Platini]. Mais je vois une ombre, mon champ de vision se noircit. Mmmm... C'est pas bon. Mais j'ai très envie de toucher le ballon, au moins de terminer l'action. En fait, je pense que je peux toucher le ballon du gauche et l'esquiver. Et je sais que c'est trop tard. Mais je suis trop pris par le désir de le toucher un peu. Et Boum.» Le ballon terminera sa course à quelques centimètres du but, et lui à l’hôpital avec deux dents cassées, une blessure aux cervicales et un traumatisme crânien. Interviewé après le match, Schumacher répliquera : «Et bien, je lui paierai ses couronnes»…


France-Allemagne 82 - Schumacher envoie... par 20Minutes

Début des prolongations. Les Français se voient en finale.
Comme dans un rêve. En 10 minutes, les Bleus mettent les Allemands au tapis. Le défenseur Marius Trésor marque d’une reprise de volée en pivot improbable. «Avec Alain (Giresse), on réalisait déjà cette combinaison avec Bordeaux», racontait-il au journal France-Guadeloupe le mois dernier. Passeur, Giresse inscrit ensuite le 3e but, resté dans les mémoires aussi pour la course folle de «Gigi», les bras désarticulés. «A ce moment, je ressens une joie démesurée, indescriptible, se souvient-il pour 20minutes. Et je pense vraiment que ça y est, on est en finale.» Il n’est pas le seul.


France-Allemagne 82 - La France se voit en finale par 20Minutes

Les Allemands reviennent de nulle part.
A peine entré en jeu, Karl-Heinz Rummenigge marque juste avant la mi-temps. Les Allemands reprennent espoir, les Français continuent d’attaquer. Paul Fischer ramène les deux équipes à égalité en seconde période. «Ce qu’on aurait dû faire, au lieu de continuer à attaquer et essayer d’enfoncer les Allemands, c’était de faire courir le ballon, regrette Marius Trésor, dans une interview à sports.fr. Mais on a continué à vouloir attaquer et marquer des buts alors que là, il aurait fallu un peu plus de maîtrise de notre part. Nous sommes un peu fautifs d’avoir continué à jouer comme on l’a fait.»


France-Allemagne 82 - L’Allemagne revient de... par 20Minutes

Les tirs aux buts. Tragédie à la Française.
L’insoutenable séance commence. Les deux premiers tireurs de chaque camp - Kaltz et Breitner pour les Allemands, Giresse et Amoros côté français - ne tremblent pas. La suite est racontée par Dominique Rocheteau: «Moi, je mets le troisième : un plat du pied sur la gauche de Schumacher. J'étais soulagé. Dans un moment comme celui-là, on fait abstraction des millions de personnes qui regardent. Au-delà de l'aspect technique, il faut faire le vide, explique-t-il sur le site des Anciens Verts. Juste après moi, Stielike rate : on est bien, là ! Mais Six rate aussi : on est dans le match ! Après, j'ai le souvenir de Max (Bossis) accroupis après sa frappe repoussée par Schumacher... Puis Hrubesch qualifie l'Allemagne. On a le sentiment d'avoir tout fait, mais on a aussi un sentiment d'injustice...»


France-Allemagne 82 - Dénouement tragique aux... par 20Minutes