Uruguay-Italie: «Zorro trace un Z, Luis Suarez mord» estime un psychologue du sport

FOOTBALL L'Uruguayen risque une lourde suspension...

Propos recueillis par Romain Baheux

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Luis Suarez le 24 juin 2014
Luis Suarez le 24 juin 2014 — Kieran McManus/BPI/REX/REX/SIPA

Vous reprendrez bien un peu d’épaule. Mardi, pour la troisième fois de sa carrière, Luis Suarez a mordu un adversaire, en la personne l’Italien Giorgio Chiellini. Saisie, la commission de discipline de la Fifa pourrait lui infliger une lourde suspension et le suspendre pour le reste de la Coupe du monde. Psychologue du sport, Makis Chamalidis décrit les raisons du passage à l’acte de l’Uruguayen.

Que traduit la morsure de Luis Suarez?

Pour évacuer ses émotions, il ne trouve rien de mieux à faire que d’agir en transgressant les règles. Ça montre qu’il a du mal à contrôler ses émotions. Il extériorise comme avec un tacle violent mais la mise en scène est plus importante. On voit qu’il mord puis il montre qu’il s’est passé quelque chose et qu’il a mal. Il crée de la confusion. Est-il l’agresseur ou la victime? Pour lui, ça n’est peut-être pas clair non plus.

C’est presque une réaction d’enfant…

C’est un geste très enfantin en effet. Il ne faut pas oublier que le football est un milieu qui a tendance à infantiliser les joueurs. Je ne veux pas faire de rapprochement et dire qu’il est resté jeune dans sa tête mais ça a un côté régressif. Ce sont aussi des gens qui n’ont pas toujours les moyens d’évacuer les choses de manière canalisée. Quand on joue, c’est la guerre mais il y a des moyens plus civilisés d’extérioriser cela.

Réfléchit-il à son geste?

Je ne pense pas que ce soit prémédité. C’est un moment où il n’a rien prévu pour se protéger et rester dans le contrôle affectif. C’est peut-être sa marque de fabrique. Là où Zorro trace un Z, lui, il mord.

Comment peut-il en sortir?

Il doit avoir conscience des conséquences de son geste sur son image et son équipe. Il faut lui donner des outils pour garder son sang-froid dans ces moments. Dans un premier temps, il peut avoir des routines plus fortes que ses émotions durant un match. Ça peut être se concentrer sur quelque chose de précis dans le stade.