Mondial 2022: Le Qatar «engagé moralement» dans le droit du travail

FOOTBALL Les conditions de travail des immigrés sont proches de l'esclavage...

S.N. avec AFP

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Mohammed Bin Hammam et Sepp Blatter, en décembre 2010, à Doha.
Mohammed Bin Hammam et Sepp Blatter, en décembre 2010, à Doha. — U.FAISAL.AP/SIPA

Le Qatar, pays hôte de la Coupe du monde de football en 2022 est «engagé dans la protection des droits du travail», a affirmé jeudi le ministre du Travail et des Affaires sociales, Abdullah Al-Khulaifi, vivement critiqué pour la situation des travailleurs migrants employés à la préparation de l’événement. Le ministre répondait à Amnesty International, dont la directrice des affaires mondiales, Audrey Gaughran, venait d’appeler lors de cette conférence le Qatar à prendre des mesures "concrètes" contre les abus en ce domaine sur son territoire.

«Le gouvernement a l’obligation de protéger les droits des travailleurs», a-t-elle déclaré, précisant qu’elle avait rencontré la veille dix travailleurs népalais vivant dans des «conditions révoltantes» depuis que leur employeur qatari a disparu avec leurs passeports. «Ils vivent d’aumônes», dans l’impossibilité de rentrer chez eux bien qu’ils aient payé leurs billets de retour, faute de passeport et d’autorisation de sortie, a-t-elle expliqué.

Accusé depuis septembre 2013 de tolérer sur ses chantiers des conditions de travail proches de l’esclavage, l’émirat a publié en février une charte destinée à améliorer le sort des centaines de milliers de travailleurs asiatiques appelés à bâtir les infrastructures du Mondial 2022.