Pollution: «Je ne suis pas pour dire qu’il faut arrêter de courir», assure Dominique Chevalier

ATHLETISME Coureur et entraîneur reconnu, il réagit au pic de pollution parisien, alors que le marathon est prévu le 6 avril…

Antoine Maes

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Des concurrents du marathon de Paris, le 2 mars 2014.
Des concurrents du marathon de Paris, le 2 mars 2014. — THOMAS SAMSON / AFP

Courir ou ne pas courir, telle est la question. Alors que le marathon de Paris est prévu pour le 6 avril prochain, les coureurs parisiens peaufinent leur préparation. En plein pic de pollution, s’entraîner dans la capitale n’est pas franchement l’idéal. Pour Dominique Chauvelier, quatre fois champion de France de la distance, il ne faut pas dramatiser.

Est-ce que vous déconseilleriez aux joggeurs de s’entraîner pendant le pic de pollution?

C’est quand même déjà arrivé qu’il y ait un nuage au-dessus de Paris. Bon, je pense que cette fois, c’est peut être un peu plus que d’habitude… Est-ce que je l’ai ressenti en courant? Non pas du tout. J’ai vu des interviews télé, certains disent qu’ils ne ressentent rien, mais ce n’est pas pour ça qu’on ne prend pas des particules. En général, le coureur à pied, en crachant et en se mouchant, peut être qu’il recrache tout ça. Je ne suis pas pour dire qu’il faut arrêter de courir. Ça se passe demain, on annule le marathon de Paris?

D’autant que certains sont en pleine préparation…

Si on n’a pas le choix, on n’a pas le choix. Plus on se pose de questions, plus on somatise. Mais allez-y messieurs-dames, faites du sport, c’est quand même mieux que de rester enfermé chez soi. Bon je suis un peu dans la provoc, mais si ce n’est pas ça c’est autre chose… Et puis demain faut plus boire l’eau du robinet parce qu’elle est dégueulasse, et puis faut plus manger ça… Ce n’est pas du jour au lendemain que c’est devenu dangereux. Ça l’est plus qu’il y a un an? Qu’il y a cinq ans?

Vous avez déjà fait des marathons dans des villes particulièrement polluées?

Oui. J’ai courru cinq fois à Tokyo et une fois à Pékin. On m’a dit qu’il ne fallait pas courir là-bas. Mais déjà, comme le marathon de Paris, la course c’est le dimanche matin. Donc il n’y pas les bouchons. Moi j’ai toujours foncé, je ne me suis jamais posé la question. Je ne me suis pas dit que le moteur était grippé. A bon et haut niveau, je n’ai jamais rien senti. On est dans la compétition, point barre, on prend les éléments comme ils sont.

Il faut quand même faire attention?

Mais ça veut dire quoi faire attention? Faire comme au Japon, courir avec le masque de chirurgien? Je l’ai déjà vu, pourquoi pas. Ça pourrait être la solution, ça filtre tout. Et puis derrière, on pourrait voir si le filtre est encrassé. Si on n’a pas peur du ridicule, ce serait marrant de faire un test. Pour le joggeur du dimanche, on peut s’arrêter, pourquoi pas. Mais le gars qui est addict et qui prépare le marathon de Paris, lui il y va.