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Elections municipales 2014: Pourquoi les hommes politiques tentent d’attirer des sportifs sur leur liste?

Elections municipales 2014: Pourquoi les hommes politiques tentent d’attirer des sportifs sur leur liste?

POLITIQUEDes soutiens assez recherchés…
Romain Baheux

Romain Baheux

Un représentant du monde associatif? C’est fait. Un vieux routier des élections locales? Il est là et en bonne position. Un joueur de football? Pourquoi pas. Pour composer leur liste pour les élections municipales, dont le premier tour se déroule le 23 mars, plusieurs candidats font appel à une célébrité ancienne ou actuelle du monde sportif. A Sainte-Maxime (Var), le candidat sans-étiquette Thierry Gobino a ainsi attiré l’ex-joueur du PSG David Ginola. A Marseille, le nageur Frédérick Bousquet figure sur la liste du maire sortant Jean-Claude Gaudin (UMP) tandis que le retraité du football Steve Savidan se présente aux côtés du maire sortant d’Angers Christophe Béchu (UMP).

Une plus-value médiatique

Tous figurent parmi les candidats issus, comme l’expression les désigne, de la société civile. «Traditionnellement, les sportifs étaient plus intéressants pour la droite car ils ciblaient un public populaire, tourné vers l’action, là où la gauche privilégiait des artistes, explique Philippe Moreau-Chevrolet, spécialiste de la communication politique. Aujourd’hui, à peu près tous les camps sont intéressés par ce genre de profils.» L’impact médiatique est important, surtout quand la notoriété du sportif dépasse celle de la tête de liste. «Je reçois beaucoup de coups de fil de journalistes depuis l’annonce de la présence sur la liste de David Ginola, raconte Thierry Gobino. C’est un coup de publicité supplémentaire à ma campagne et je ne vais pas m’en plaindre.»

«Il ouvre des portes que les autres ne pourraient pas ouvrir de la même manière»

Un regain d’attention et un moyen de séduire des électeurs réticents. Perçue comme indépendant comme des conflits des partis, la figure du sportif permet aux candidats de brasser un public plus large et peu impliqué dans la vie politique locale. «Ce n’est pas un coup de communication mais il suffit de se promener avec lui dans les rues de Calais pour voir la plus-value, témoigne le candidat socialiste à la mairie de Calais Yann Capet, qui a attiré l’ancien footballeur professionnel de Lille Djezon Boutoille. Il ouvre des portes que les autres ne pourraient pas ouvrir de la même manière.» «Moins on est politique, plus on a de chances de parler à la population, confirme Philippe Moreau-Chevrolet. C’est important et surtout en ce moment où ni les électeurs de gauche ni les électeurs de droite ne sont à fond derrière des partis en particulier.»

Pour les intéressés, c’est le bon moyen d’apporter un soutien à un proche, comme dans le cas de David Ginola, de faire profiter de leur notoriété ou de se lancer dans une nouvelle carrière. A Nancy, l’ancien footballeur et consultant pour Canal+ Olivier Rouyer figure en position éligible sur la liste UDI avec le dossier du commerce à traiter. «Souvent, les gens me parlent de football ou de mon métier de consultant et je les ramène sur les municipales, explique-t-il. Ça change car quand on est joueur, on nous écoute parler. Là, on doit écouter les autres.» Et partir à la pêche aux voix comme un candidat lambda.