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Sotchi 2014: Pierre Vaultier: «Il y a deux mois, je ne caressais même pas l’espoir de venir aux Jeux»
SNOWBOARDCROSS -•Blessé au genou, le snowboarder est devenu champion olympique à Sotchi. Un petit miracle…Romain Scotto
De notre envoyé spécial à Sotchi (Russie),
Il montre fièrement l’atèle qui lui soutient le genou droit. Sans elle, Pierre Vaultier aurait du mal à marcher puisque son ligament croisé est en partie rompu. Alors pour s’élancer du haut d’un parcours de boardercross et devenir champion olympique, le Français a dû aller puiser dans des ressources insoupçonnées. A 27 ans, il décroche une médaille d’or à laquelle il ne croyait pas lui-même il y a encore quelques semaines.
Vu votre parcours depuis quelques semaines, réalisez-vous que vous êtes champion olympique?
Non. C’est juste un miracle vu les moments passés ces deux derniers mois. C’est assez incroyable. Il y a deux mois j’étais dans mon lit d’hôpital, puis dans mon canapé. Puis, en rééducation. Le parcours est assez atypique pour un bonhomme qui remporte une médaille d’or. J’étais ici sans me dire que je devais le faire, mais que je pouvais le faire. J’ai du mal à réaliser. Je pense que j’ai décollé sur la dernière table et que je n’ai toujours pas atterri.
Le fait de vous être concentré sur ce genou vous a peut-être aidé à gérer la pression de l’événement ?
Probablement. J’étais loin du leadership. Je n’avais rien à perdre. Je voulais me faire plaisir. C’était important parce que j’ai pris un risque. J’aurais pu hypothéquer une vie d’homme confortable. Je ne me suis pas fait opérer. C’est le pari osé que j’ai voulu relever. Mon équipe l’a relevé. Ça paye, c’est tout bénef.
Avez-vous pensé ne pas participer aux Jeux ?
A maintes reprises. Lors du diagnostic, il n’y avait aucune chance. Je ne caressais même pas l’espoir de venir ici. Puis il y a eu de l’espoir après la première IRM. Je suis allé jusqu’au bout de mes convictions, de ma santé.
A quel moment avez-vous senti qu’il allait se passer quelque chose aujourd’hui ?
A aucun moment. Cette place d’outsider m’a surtout amené à être ici. J’ai toujours du mal à gérer la pression. Et finalement aujourd’hui avec moins de pression et beaucoup plus de plaisir, j’ai pu le faire. Je n’avais pas plus de pression que sur une Coupe du monde. Et des Coupes du monde j’en ai gagné à la pelle. La pression que j’avais était positive. Là, j’ai exécuté ce que j’avais à exécuté. Pas comme à Vancouver, où la seule chose que j’ai exécuté, c’était mon statut de leader.
Si on vous avait dit il y a quatre semaines que vous seriez champion olympique ?
Non, impossible. Celui qui m’aurait dit ça, je lui aurais rigolé au nez. Mais ma rééducation s’est extrêmement bien passée. Ma rigueur m’a aidé.
Qu’en est-il exactement de votre ligament du genou ?
Je me suis blessé le 21 décembre au Canada. C’était un dur chemin pour arriver là. Je n’étais pas à 100% de mon potentiel. J’avoue que j’ai du mal à faire un bilan concis de mes derniers mois. Beaucoup de choses se sont passés. Finalement, ça m’a amené à Sotchi avec une fraîcheur incroyable.
Allez-vous vous faire opérer ?
Question difficile. Je ne pense pas. ça se passe bien comme ça. Je manque aussi beaucoup de musculature. J’espère récupérer ce gain pour écarter l’opération. Il va falloir que je travaille maintenant même s’il n’y a pas d’urgence.
Vous avez tout gagné. Pensez-vous continuer votre carrière ?
Joker. Vraiment je ne sais pas. Mon cœur balance pour continuer. Mais il va falloir vraiment voir ça. J’ai une cheville vraiment douloureuse aussi. Il me faut un temps de réflexion.


















