Sotchi 2014: Péchalat-Bourzat terminent leur carrière «désespérés par leur discipline»
JEUX OLYMPIQUES•Le couple français, quatrième de l'épreuve de danse sur glace, ne remportera jamais de médaille olympique...Julien Laloye
De notre envoyé spécial à Sotchi,
Lui a le visage fermé, presque hostile. Celui des déceptions insondables et des soirs à vous faire détester la vie. Elle ne peut pas s’arrêter de pleurer. Envers et contre tous, les Russes, les juges, une discipline qui n’aime pas les originaux, Nathalie Péchalat et Fabien Bourzat avaient choisi de clore leur carrière sur un programme libre détonnant. Une interprétation du Petit Prince parfaitement exécutée dans un costume vert pomme qui sonnait comme un défi au classicisme de leurs adversaires. En vain. Le lac des cygnes du couple russe Ilinykh-Katsalapov a emporté l’adhésion des juges, qui lui ont accordée la troisième place aux dépens des Français.
«On ne se prépare jamais à ce genre de trucs»
«On a donné beaucoup plus à cette discipline que tous les médaillés qu’on voit ce soir, lâche un Bourzat dépité. On n’avait pas de gros espoirs quand on a vu le tirage des juges… Après, prendre sept points en une semaine, félicitations aux Russes, je suis impressionné.» Les sept points, c’est la différence de notation en faveur du couple russe entre l’épreuve par équipes et l’individuel de mardi soir. Sur le même programme et la même exécution à peu de choses près.
Péchalat-Bourzat, eux, n’ont fait qu’une petite erreur, un porté trop long qui leur a coûté un point de pénalité. Cela n’aurait de toute façon pas changé grand-chose. «On ne se prépare jamais à ce genre de trucs, déplore Péchalat entre deux sanglots. On ne se prépare jamais à se faire manger la gueule par des Russes un peu trop gourmands. L’histoire avec les juges on le sait depuis quinze ans.»
«Une discipline poussiéreuse»
Quinze ans, c’est même trop peu si l’on fait le compte des scandales qui ont émaillé le patinage. Mardi ce n’en était pas vraiment un. Juste un couple un peu surnoté à la maison grâce à un tirage au sort heureux –pas de Français, mais de l’Ukrainien, du Lituanien, du Russe. Une histoire presque écrite d’avance, contre laquelle Péchalat et Bourzat ne pouvaient pas lutter.
«Même si on le sait, c’est pas pour ça que c’est plus facile à digérer, reprend Bourzat. On sait que les premiers vont faire de la valse et que les Russes vont faire du classique. C’est la seule chose qui me désespère dans cette discipline poussiéreuse. Tous les ans on a changé de style et ce n’est pas récompensé.»


















