Sotchi 2014: Le Skicross est-il plus exposé aux accidents graves?

JEUX OLYMPIQUES Après la fracture de la colonne vertébrale dont a été victime une Russe à l’entraînement…

Romain Scotto

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Daron Rahlves, David Duncan, et Jouni Pellinen lors de l'épreuve de Coupe du monde de skicross à Cypress mountain en 2009.
Daron Rahlves, David Duncan, et Jouni Pellinen lors de l'épreuve de Coupe du monde de skicross à Cypress mountain en 2009. — REUTERS/Richard Lam

De notre envoyé spécial à Sotchi (Russie),

Les épreuves de skicross ne débutent que dans quatre jours, mais un accident grave a déjà eu lieu sur le parcours de Rosa Khutor, au-dessus de Sotchi. A l’entraînement samedi matin, la skieuse russe Maria Komissarova a chuté lourdement. Victime d’une fracture de la colonne vertébrale, elle a été opérée d’urgence sur place. Un accident qui pose quelques questions sur ce sport à risques, peut-être un peu plus exposé que les autres.

Est-ce fréquent? Statistiquement, descendre à quatre sur un parcours truffé de bosses et de virages augmente les chances de chutes. Mais de l’avis des pratiquants, les accidents graves ne sont pas si fréquents, même s’ils oublient la mort du Canadien Nick Zoricic il y a deux ans. Michel Locatelli, le patron du skicross français parle du «premier gros carton de l’hiver.» Depuis quelques années, la fédération internationale insiste sur les règles de sécurité. «Ceux qui construisent les parcours apprennent. C’est une discipline jeune.» Marion Josserand, médaillée de bronze à Vancouver, avoue que la chute fait partie du quotidien du skieur. Opérée quatre fois des genoux, la Française a récemment été marquée par la blessure du Français Florent Astier à Lake Placid. Mais elle part du principe que toutes les chutes peuvent être dangereuses, même à très faible vitesse. L’exemple de Michael Schumacher est là pour le prouver.

Comment les skieurs sont-ils protégés? En course, deux types de protections sont obligatoires. Le casque et le renfort dorsal. Mais à l’entraînement chacun est libre de porter ce qu’il veut. La Française Marielle Berger-Sabatel ne se lance jamais sans son renfort de la colonne vertébrale. «On travaille depuis deux ans avec une société qui développe des dorsales à air bag», indique-t-elle. Dès que les pieds de l’athlète passent au-dessus de son centre de gravité, le système de coussins d’airs se déclenche. Dans le cas de la Russe accidentée, sa fédération n’a pas indiqué si elle en portait.

Le parcours est-il dangereux? Même s’il est très exigent, le parcours des Jeux est très bien «shapé». Comprenez «construit», «raboté». L’endroit où elle a chuté n’avait d’ailleurs rien d’un piège. «Ce n’est clairement pas la partie la plus difficile du parcours et ce n’est pas sur un gros saut qu’elle est tombée, mais une petit double bosse», complète Marielle Berger-Sabatel. Sur l’épreuve pré-olympique de l’année dernière, les athlètes avaient noté quelques gros sauts. Mais rien de très effrayant comparé à ce qui est parfois proposé aux X-Games.

Le niveau de l’athlète est-il en cause? Sur ce terrain, seul le patron des Bleus ose s’aventurer. Michel Locatelli, qui a vu Maria Komissarova s’aventurer sur la partie haute du parcours, évoque l’inexpérience supposée de cette athlète, rarement dans le coup lors des Coupes du monde. «Il ne faut pas se le cacher, l’équipe russe n’est pas très forte. Sans casser le système, ils se sont mis dans un rythme où il fallait absolument avoir des performances sans en avoir les capacités.» Dans le cas présent, la sanction est tout de même très lourde pour la skieuse accidentée.