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Sotchi 2014: «Je ne suis pas là pour beurrer les toasts», assure Thibaut Fauconnet

Sotchi 2014: «Je ne suis pas là pour beurrer les toasts», assure Thibaut Fauconnet

JEUX OLYMPIQUES – Le meilleur «short-tracker» des Bleus nous vend sa discipline avant son entrée en lice...
Propos recueillis par Julien Laloye

Propos recueillis par Julien Laloye

De notre envoyé spécial à Sotchi,

La carrière de Thibaut Fauconnet revient de loin. Lancé comme un obus à l’hiver 2011 –numéro 1 mondial de la discipline- le leader de l’équipe de France de patinage de vitesse a vu son ascension brisée nette par un contrôle anti-dopage positif au Tuaminoheptane, «de simples gouttes dans le nez » pour soigner un rhume assure-t-il à propos d’un sujet qu’il a encore du mal à aborder sans se mettre hors de lui. Obligé de –presque- repartir à zéro, Fauconnet a préparé comme jamais un rêve olympique qu’il pensait évanoui.

Pourquoi est-ce qu’il faudra regarder votre course aux JO?

Parce que j’y vais pour gagner. Comme j’ai l’habitude de le dire, je ne suis pas là pour beurrer les toasts. Je ne m’entraîne pas pour me sentir bien physiquement ou pour aller vite, juste pour gagner. Je connais tous mes adversaires par cœur, la une de l’Equipe je l’ai déjà faite…Ca fait 15 ans que je fais ce sport, 15 ans que je vis pour un titre olympique.

Même si on n’y connaît rien au short-track?

Ma discipline se résume en trois points. D’abord, une combinaison de super-héros, ensuite passer la ligne d’arrivée en premier, et enfin aller le plus vite possible. C’est hyper simple à comprendre et à suivre. Aux JO d’hiver, il n’y a pas une discipline plus spectaculaire que la nôtre.

Tout est permis alors?

La règle, c’est celle du pas vu pas pris. On a le droit au contact, pousser un peu, mais ça reste sommaire parce qu’à 50 km/h, si on pousse vraiment ça se voit et le gars il tombe. Quand on dépasse on peut toujours passer une mimine pour gêner, mais c’est toujours fait en douce. Quand on regarde à la télé, on ne voit pas les bras qui sortent du corps.

Il existe des coureurs moins fair-play que d’autres?

Les pires, ce sont les Chinois. Ils ont des trajectoires très emmerdantes, ils cherchent le contact tout le temps et moi j’ai tendance à m’énerver encore plus alors qu’il faut éviter de réagir comme ça. Tu tiens la trajectoire que tu veux, mais le but c’est d’empêcher les autres de te dépasser. En réalité, l’important c’est de connaître ses adversaires.

Peut-on toujours remporter l’or avec un gros coup de chance, comme Bradbury en 2002?

Ce n’est arrivé qu’une fois qu’un mec ait autant de chances en quarts, en demies et en finale… nous on traîne cette image, mais c’était il y a dix ans et tout le monde nous en parle encore. Cela dit, au moins les gens connaissent le patinage de vitesse grâce à ça. Ce qu’il faut comprendre c’est que le mec n’était pas nul, même si il a eu de la chance. A Sotchi, la médaille je le prendrai même si je ne la mérite pas.