Fiscalité: Payer les joueurs comme les artistes, la réponse du football français à la taxe à 75 %?
FOOTBALL•C’est le souhait du rapport Glavany, rendu public ce mercredi…B.V.
«Rapprocher et simplifier les régimes de cotisations sociales entre sportifs professionnels et artistes de spectacle». Les termes peuvent paraître barbares, mais la proposition du rapport Glavany est simple : permettre aux clubs de football français de pouvoir payer (en partie) ses joueurs comme des artistes et mannequins. Partant du constat que la part patronale des charges coûtait beaucoup plus cher en Ligue 1 que dans les autres championnats européens, la commission «football durable» émet l’hypothèse qu’une part du salaire des joueurs soit pris en charge par les clubs sous la forme de redevances de droit à l’image, non assujetties à l’impôt sur le revenu.
Un DIC version 2.0 ?
«Il y a beaucoup de points communs entre les artistes et les sportifs, justifie Frédéric Thiriez, président la Ligue professionnelle de football (LFP). Ce sont des carrières courtes, la part de représentation médiatique est importante et l’on gagne parfois beaucoup d’argent sur des périodes réduites. Le sport est un élément de la culture, arrêtons d’opposer les deux.» A l’origine de cette proposition, les clubs y voient surtout une «véritable bouffée d’oxygène» économique poursuit Jean-Pierre Louvel président du Havre et de l’UCPF, le syndicat des clubs.
Sauf qu’en 2010, l’Etat avait tourné son dos aux clubs en supprimant le DIC, Droit à l’Image Collective pour les sportifs, exonération fiscale créée en 2004. Pour y revenir quatre ans plus tard ? «On peut tourner autour du pot, il s’agit aussi d’un droit à l’image, donc c’est un DIC», tranche Jean-Pierre Louvel. «C’était l’idée même du droit à l’image défendue auprès de l’ancien gouvernement en 2004, confirme Thiriez. Les seules différences notables sont que la part du droit d’image ne serait pas un forfait de 30 % mais une barre fixée sur chaque club et surtout qu’il n’y aurait pas de compensation versée par l’Etat, ce qui avait conduit à la fin du système.»
«On a besoin de ça pour vivre»
Et si de nombreuses négociations sont à prévoir, notamment sur la part du salaire qui pourrait être versée sous forme de redevance, cette proposition pourrait rapidement être adoptée. «Cela devrait être accepté par l’Etat, et ce serait très bon pour le football français», souffle ainsi Noël le Gräet, président de la Fédération. Un joli cadeau pour les clubs, quelques mois seulement après l’arrivée de la très contestée taxe à 75 % ? «Est-ce un cadeau pour les artistes qui en bénéficient ? Non, alors pourquoi en serait-ce un pour les sportifs professionnels ? », s’emporte Thiriez.
Jean-Pierre Louvel conclut : «Pour une fois que l’on entend que l’on pourrait amener des emménagements qui pourraient alléger le poids de la fiscalité des clubs, peu importe si des gens mal intentionnés pensent autre chose : nous, on a besoin de ça pour vivre.»



















