Dakar 2014: «J'ai l’impression que si tu n'es pas comme Peterhansel ou Sainz, tu es un con», estime Nani Roma

Propos recueillis par Romain Baheux

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Nani Roma lors des vérifications techniques du Dakar le 4 janvier 2014
Nani Roma lors des vérifications techniques du Dakar le 4 janvier 2014 — FRANCK FIFE / AFP

De notre envoyé spécial à La Serena (Chili)

Chez Mini, la consigne était de figer la course et de lui offrir par conséquence son premier succès chez les autos. Vendredi, Nani Roma a pourtant était largement devancé par son équipier et tenant du titre Stéphane Peterhansel. Relégué à la deuxième place du général, l’Espagnol devra remonter un écart de 26 secondes lors de la dernière spéciale samedi.

Quel sera votre comportement pour la dernière étape?

On va essayer de se régaler. Tout le monde disait qu’il y avait des consignes d’équipe, on a vu où elles étaient aujourd’hui (vendredi). Vous pouvez demander à Stéphane ce qu’il a entendu hier (jeudi). On est là, il est devant nous et on va partir comme cela.

Etes-vous en colère?

Non. La seule chose qui me fasse chier, c’est ce sentiment que personne ne valorise ce que j’ai fait jusqu’à maintenant. J’ai l’impression que si tu n’es pas quelqu’un comme Peterhansel ou Sainz, tu es un con. Chaque fois qu’on fait des erreurs, on passe pour des cons. Les autres, c’est de la malchance. Et ça, ça me fait chier.

C'est-à-dire?

C’est qui le meilleur? Celui qui finira premier demain. Jusqu’à présent, je n’avais pas compris ça. J’ai été en tête pendant cinq-six jours, j’ai fait une course excellente et j’ai tout le temps eu l’impression que j’étais le pire de tous. Mon sentiment, c’est que ça fait chier tout le monde de me voir en tête, dont Monsieur Etienne Lavigne. Il a déclaré qu’il n’y avait jamais eu de consignes d’équipe sur le Dakar. Personne ne le savait, c’est tout. Ici, il y a plein de pilotes qui ont gagné cette course avec des ordres de leur écurie cinq jours avant la fin.

Qu’est-ce qui vous donne ce sentiment?

Rien. C’est comme ça, ça fait partie de la course, du jeu, du business. Avec Michel (son co-pilote), on a fait un super boulot. J’ai le sentiment que des gens ne valorisent pas cela. C’est le sport-business, c’est comme ça.

Quelles relations avez-vous avec Stéphane Peterhansel?

Je n’ai rien à lui reprocher. Chaque jour, des gens me posent cette question. Nous, on est copains dans notre vie personnelle. Moi, je fais ma vie et j’essaie d’être le mieux possible dans mon travail.