Dakar 2014: Peterhansel, victime de la raison d'auto

Romain Baheux

— 

Stéphane Peterhansel devant le patron de son écurie, Sven Quandt, le 16 janvier 2014 sur le Dakar.
Stéphane Peterhansel devant le patron de son écurie, Sven Quandt, le 16 janvier 2014 sur le Dakar. — FRANCK FIFE/AFP

De notre envoyé spécial à El Salvador (Chili),

Pour le suspense, il faudra revenir une autre fois. Mercredi soir, dans l’intimité du campement de l’écurie Mini, le manager Sven Quandt a décidé du sort de la course. Avec Nani Roma, Stéphane Peterhansel et Nasser Al-Attiyah aux trois premières places du Dakar chez les autos, l’équipe allemande a décidé de ne plus prendre aucun risque. Jeudi, les pilotes ont donc arrêté de se tirer la bourre pour boucler le Dakar dans cet ordre. Un gel de la course en bonne et due forme. Une décision qui offre, sauf gros coup de pompe du pilote espagnol, la victoire à Nani Roma, sa première dans cette catégorie après un premier succès chez les motos en 2004.
 
«Des gens mettent beaucoup d’argent pour que l’on gagne»
 
A ce petit jeu-là, le plus à plaindre est Stéphane Peterhansel. A trois jours du terme, le tenant du titre était revenu à deux minutes de son colocataire de camping-car. Le voilà obligé de ralentir et de se contenter d’une place de dauphin. «Ce n’est pas facile à accepter pour un pilote mais c’est compréhensible, il faut le respecter, souligne le Français. On ne se fait vraiment pas plaisir car on a peur de casser la voiture. On ne se fait pas plaisir.» «Le plus important, c’est que ce soit un Mini qui gagne, poursuit Roma, visiblement mal à l’aise. Qu’importe si c’est Nasser, Stéphane moi ou quelqu’un d’autre.»
 
La logique d’équipe s’impose donc sur le Dakar, même si ça n’est pas franchement une nouveauté dans le sport mécanique. En Formule 1, plusieurs grands prix ont déjà été négociés à l'intérieur des équipes. Lors du Dakar 1989, Jean Todt avait joué la victoire entre Ari Vatanen et Jacky Ickx à pile ou face lors de la journée de repos. Cette fois, l’écurie Mini a pris le classement comme juge de paix dans l’optique affichée de truster les trois premières places samedi à Valparaiso. «Des gens mettent beaucoup d’argent pour que l’on gagne et l’on doit gagner», assume Nani Roma. «Je suis obligé d’accepter. On représente une marque, soupire Peterhansel. En haut, ils veulent vraiment que trois Mini soient sur le podium donc voilà on accepte.» Et tant pis pour les romantiques.