Un ancien du GIGN sur le Dakar

RALLYE-RAID Jean-François Tardy est en charge du déploiement du dispositif de secours...

Romain Baheux

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Jean-François Tardy sur le Dakar le 14 janvier 2014.
Jean-François Tardy sur le Dakar le 14 janvier 2014. — 20 MINUTES / DR

De notre envoyé spécial à Antofagasta (Chili)

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Il y a vingt ans, la vie de Jean-François Tardy se dessinait très loin des bruits de moteur et de la chaleur des pistes du Dakar. A l’époque, l’homme porte l’uniforme du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale, communément appelé GIGN. Le 26 décembre 1994, il est l’un des membres du commando qui mène l’assaut sur le vol 8969 d’Air France, détourné par un commando de terroristes algériens, le GIA, sur le tarmac de l’aéroport de Marseille. En troisième position, il pénètre dans l’appareil par la porte arrière gauche. «C’était une mission délicate, hyper-médiatisée, décrit-il. L’exercice n’était pas simple a priori

Aujourd’hui, Jean-François Tardy a délaissé son arme de service pour s’investir sur le Dakar. Arrivé sur le rallye-raid en 2010, l’ancien gendarme gère le déploiement des secours depuis le PC opérations, où il occupe le poste d’adjoint au coordinateur. Si la tâche est bien plus pacifique, l’intéressé assure pourtant ne pas se sentir dépaysé par l’ambiance sur le bivouac. «L’organisation mise en place ici est quasi-militaire, souligne-t-il. Les missions confiées sont très cadrées, je retrouve des similitudes entre le GIGN et le Dakar.»

Blessé par une grenade au Kosovo


Entre les deux, il n’a pas chômé. Contraint de quitter le corps d’élite de la gendarmerie après une chute lors d’une descente en rappel d’un hélicoptère, Jean-François Tardy poursuit ses missions sur le terrain lors de l’intervention militaire de l’ONU au Kosovo en 1999. Chargé d’enquêter sur les crimes de guerre et d'assurer le maintien de l'ordre, il subit une nouvelle blessure causée par l’explosion d’une grenade. «Une grenade de fabrication chinoise, j’ai pris des éclats à soixante-dix mètres de l’explosion», se souvient-il. La suite de sa carrière est moins dangereuse avec notamment un poste à l’ambassade de France à Moscou, où il collabore avec la police russe sur des dossiers comme le trafic de stupéfiant ou le proxénétisme.

Depuis plus de cinq ans, ce connaisseur des réseaux politiques africains travaille désormais à son compte au sein de sa société Safetech. Avec des missions plutôt variées. «J’ai été sollicité pour m’occuper du championnat du monde de Formule 1 électrique à partir de septembre, explique-t-il. Un client privé m’a aussi demandé d’enquêter sur le territoire français sur l’affaire baptisée Air Cocaïne, la saisie de 700 kilos de cocaïne dans le jet de Monsieur Afflelou en République dominicaine.» Il faut bien s’occuper entre chaque Dakar.