Soirée maîtrisée au Parc des Princes
Match sous très haute surveillance mercredi soir pour le premier match du PSG depuis la mort d'un supporter le 23 novembreStéphane Alliès
Autour du Parc des princes, à 2h du coup d’envoi du match entre le PSG et Panathinaïkos les contrôles positionnés sur 200 mètres sont stricts, y compris pour le personnel du stade. L’ambiance est même bon enfant parmi les policiers et les consignes sont claires : tout ceux qui ont des tickets «Boulogne R1 et R2» — les tribunes fermées par précaution — ne rentrent pas. Un véhicule type antiémeute stationne devant l’entrée de Jean-Bouin, le stade voisin du Parc, qui sert habituellement aux rugbymen du Stade français. Il déploie un bouclier d’une quinzaine de mètres sur toute la largeur de la rue. Un supporter dépité : «un mach comme, ça devrait être une fête»
Dépité aussi, cet autre garçon avec un ticket R2, qui se présente à un stewart. «C’est mort», lui dit ce dernier. Le supporter hausse les épaules et repart. Quatre autres, bière à la main, s’avance : «On se croirait à Bagdad ici». Devant les stewarts, l’un deux demande si on peut rentrer à Auteuil. «Pas avant 19h30, répond un stewart. T’as le temps de boire des bières». «Tu m’étonnes, répond le supporter». «Ce soir, on se casse la voix pour le club», crie son ami. «Et si on perd, on casse tout» dit un autre.
19h, devant Jean-Bouin. Les supporters sont de plus en plus nombreux. Un lieutenant soupire: «Jusqu’ici, tout va bien. Mais on est à l’abri de rien». A la barrière, en attendant l’entrée, Jean-Claude, supporter depuis la création du club, assure qu’il «faut faire le ménage» et espère «que les connards ne viendront pas ce soir». «Moi, j’ai mes idées, dit-il, mais je les laisse à la porte du stade. Le problème, c’est qu’il y en a plein qui ont pris des billets dans les autres tribunes».
A 19h20, les portes du stade ouvrent. Les premiers spectateurs entrent, ceinturés par une haie d'honneur de policiers. Des "Etat assassin" retentissent sporadiquement, tandis que des cameramen s'attirent les foudres du public.
«Baisse ta caméra, on est pas au zoo ici», lance un supporteur à l’attention de l’un d’entre eux. Trois supporteurs grecs s’approchent d’un stadier et veulent des places. «On vient de loin», expliquent-ils. Mais rien n’y fait. Ce soir, «on joue à guichets fermés», s'entendent-ils répondre.
Un deuxième barrage policier empêche d’accéder à la boutique du club, côté Auteuil. Un supporteur s’énerve et lâche : «putain, on a même pas le droit d’aller à la boutique!».
A 20h30, alors que les joueurs se préparent, les speakers annoncent la composition des équipes. Lorsque le nom de Guy Lacombe est prononcé, les sifflets retentissent dans le stade.
Dix minutes plus tard, les joueurs font leur apparition sur la pelouse. En haut de la tribune Boulogne, une banderole se déploie sur la longueur des rangées R1 et R2. «Julien», en caractères blancs, y est inscrit sur fond noir. En face, côté Auteuil, répond une autre banderole : «Vérité et justice pour que Julien repose en paix».
Au coup d'envoi, on est loin des «guichets fermé» et même des 20 000 spectateurs annoncés. Les supporteurs grecs sont les seuls à chanter et à donner de la voix. Le kop Boulogne s’est retiré tout en haut de sa tribune et fait la grève des encouragements. Sauf à la trentième minute lorsque Pauleta ouvre la marque. Premier but d'une longue série (score final 4-0), qui réconciliera la tribune Auteuil avec son équipe, encouragée tout au long de la seconde mi-temps. Mais du côté de Boulogne, les seuls chants ont été pour Julien Quemener.



















