Transferts: Pour Jean-Claude Dassier, «le mercato d’hiver n’est pas fait pour changer la moitié de l’équipe»

FOOTBALL L’ancien président de l’OM évoque la prochaine fenêtre des transferts…

Propos recueillis par Romain Baheux

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Jean-Claude Dassier a été président de l'OM pendant deux ans.
Jean-Claude Dassier a été président de l'OM pendant deux ans. — NIVIERE/SIPA

Pendant un mois, le marché des joueurs ouvre ses portes pour permettre aux clubs de réaliser leurs dernières emplettes avant la fin de la saison. Du 1er au 31 janvier, le mercato hivernal va rythmer le football européen. Président de l’OM pendant deux saisons (2009-2011), Jean-Claude Dassier décrit les spécificités de l’exercice et les différentes opportunités à saisir pour les clubs de Ligue 1.

Quelles sont les particularités du mercato d’hiver ? 

Vous le vivez différemment selon votre classement à la fin de la phase aller. Il faut déterminer quelles sont vos ambitions et voir quels sont vos moyens. Si vous êtes dans les six ou sept premiers, vous ne vous en servez pas trop sauf si vous ciblez un poste en particulier. C’est un mercato compliqué. Le marché n’est pas aussi fourni qu’en été. Si vous cherchez sur un poste, il faut trouver l’oiseau rare disponible à la vente à cette période. La première saison à l’OM, on avait eu la tentation de faire signer Alessandro Mancini mais ça n’avait pas pu se faire.

Est-ce l’occasion de se séparer de joueurs qui n’ont pas donné satisfaction lors de la première partie de saison ? 

Il ne faut pas se raconter d’histoires. Vous pouvez toujours essayer de vendre un joueur mais il faut faire attention à ce que vous faites. S’il a fait un mauvais début de championnat, ça n’a échappé à personne. Peut-être que les Anglais ne l’ont pas vu mais ils vont quand même se renseigner avant de faire une offre. On raconte beaucoup d’histoires là-dessus mais c’est compliqué.

Un club peut toujours tenter un pari…

C’est le talent du coach et du directeur sportif. Ce qui commande dans tous les cas, c’est votre compte en banque. On a des gens chargés de surveiller des joueurs avant cette fenêtre de transferts. Si on a un latéral gauche qui bat de l’aile et qu’on leur dit :  «Il nous faut quelqu’un mais pas à plus de quatre ou cinq millions», ces gars se mettent en action et mobilisent leur réseau. Après, vous faites rouler les dés et vous espérez avoir pris un bon élément. De toute façon, vous n’allez pas refaire la moitié de l’équipe, c’est vraiment pour compenser un poste en particulier ce mercato hivernal.

Est-on beaucoup démarché par des agents ou d’autres clubs ? 

C’est le boulot mais il faut savoir déléguer quand on est président. Les agents, on les voit dans la dernière ligne droite des négociations quand le gros du travail a déjà été fait par le directeur sportif. En tout cas, c’est ma conception de la chose.