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Mondial féminin: Du monde aux Balkans en équipe de France
HANDBALL – Dembélé, Leynaud et Pineau jouent toutes au Vardar Skopje, depuis le début de la saison. Un club aux moyens illimités…Romain Scotto
Lorsqu’elles ont débarqué l’été dernier à Skopje, Siraba Dembélé, Amandine Leynaud et Allison Pineau ont d’abord dû se pincer. Vérifier que leur avion les avait bien déposées dans la capitale de la Macédoine, l’un des nouveaux épicentres du handball féminin de club. Six mois après, les trois joueuses de l’équipe de France, présentes au Mondial serbe, ont rangé leurs valises d’idées reçues sur leur pays d’accueil. «J’étais venue une première fois en 2008 et c’était horrible. On logeait dans un hôtel catastrophique. Je n’avais que des mauvais souvenirs de ce pays. Mais ça a complètement changé. Ils ont tout modernisé», note Leynaud, très à l’aise dans ce «petit Paris rempli de statues.»
Sa coéquipière Siraba Dembélé ne pensait pas non plus découvrir un pays aussi accueillant: «J’appréhendais énormément par rapport au fait que je suis black. Bon, quand je suis dans la rue, tout le monde se retourne sur moi quand même (elle rit). Mais je m’épanouis vraiment. En Macédoine, les gens ont des valeurs que je partage», note l’ailière des Bleus et du Vardar, le nouveau jouet du milliardaire russe Sergej Samsonenko.
«Quand vous dites le nom Vardar, les gens peuvent s‘entretuer»
En investissant massivement dans le club, ce quadra passionné de sports a bâti une «dream-team», capable de remporter dès cette année la Ligue des champions. Avec des contrats trois à quatre fois plus élevés qu’en France, les trois internationales n’ont pas réfléchi longtemps. Ici, chaque match à domicile se joue devant plus de 4.000 personnes dans une Arena moderne qu’elles partagent pour l’instant avec les garçons. Autre particularité, les joueuses sont reconnues partout où elles mettent les pieds, chose encore très rarement en France. «Quand vous dites le nom Vardar, les gens peuvent s‘entretuer, lance Leynaud. Ils sont fanatiques. C’est assez plaisant.»
Dans les Balkans, pas la peine non plus d’apprendre la langue locale. «Tout le monde parle anglais!», indique Dembélé, à qui il ne manque que sa famille pour être comblée. Comme Leynaud et Pineau, l’ancienne joueuse de Randers (au Danemark) vit seule à Skopje. Mais dans le même immeuble que ses coéquipières, toujours partantes pour découvrir les restaurants de la ville. Ou la campagne environnante. Une solidarité qui pourrait bien faire aujourd’hui le jeu de l’équipe de France.



















